‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 102 sur 149 · Mémoires d'un bonrsfcois de Paris · texte numérisé non relu

Mémoires d'un bonrsfcois de Paris

contre la Commission Executive. Ajoutez les partisans (le la famille Bonaparte, ceux qui lui étaient liés par les intérêts ou même par de simples souvenirs, ou ceux qui se ralliaient à elle par les espérances de l'avenir et on ne s'étonnera plus (i). » — La Chambre vota, par assis et levé, à une forte majorité, l'admission (2).

La nouvelle s'en propage. Le succès obtenu déjà par la seule annonce de l'élection est renforcé ; la mauvaise foi du parlement l'a porté à sa plus grande puissance. Dès la fin de la journée, la foule, par le fait seul qu'elle sait l'admission, se montre moins menaçante. Elle crie : « Vive Napoléon ! » mais sans donner le moindre signe de reconnaissance pour l'Assemblée. «Celle-ci ne retire pour sa popularité aucun, profit de l'humiliation qu'elle infligeait à la Commission Executive (3). » Cette foule est entassée sur la place de la Concorde, sur la terrasse des Tuileries, rue de Rivoli. Beaucoup d'hommes arborent à leur chapeau une petite plaque frappée d'une aigle (4). Les troupes, malgré que ce ne soit pas indispensable, veulent déblayer le terrain. Une barricade est dressée rue du Mont-Thabor, au coin de la rue de Castiglione. La police manifeste aussi son zèle par quelques arrestations, mais elle ne peut les maintenir ; on délivre les prisonniers. Au coin de la rue de la Paix, un agent, nommé Savary, est assailli et blessé aux cris de « Vive Louis-Napoléon ! Vive l'Empereur ! » Sur les murs apparaissent de nouveaux placards en faveur de l'élu ; l'un d'eux présente une constitution de l'Empire napoléonien. A la porte des Tuileries, on vend des médailles en cuivre à l'elfigie du prince avec la

I, 2. Daniel Stern, l. II.

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