‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 103 sur 149 · Taxile Delord, les journaux, etc · texte numérisé non relu

Taxile Delord, les journaux, etc

date de sa naissance et celle de son élection. Au-dessus des tètes, au bout d'un bâton, son portrait est proment'', collé sur une planche (i). Le soir, à la Porte Suint-Mailin, on chante sur l'air des Lampions : « Nous l'aurons ! nous l'aurons ! Louis-Napoléon ! (2) » On y joint aussi le nom de Barbes. « Depuis une vingtaine de jours, Paris avait pris l'habitude de s'attrouper dans le jour aux environs de la Chambre et le soir dans l'espace compris entre la Porte Saint-Denis et la Porte SaintMartin. Grâce à la nuit, à cet air (le lèle que donnent les lumières, à la hardiesse particulière du gamin de Paris quand le soleil est couché, l'émeute du soir fut brillante. Les faubourgs y allluaient et le centre de Paris y dégorgeait par toutes ses grandes artères. Le Paris ganté du boulevard des Italiens y venait lui-même afin de jouir du coup d'œil. On allait alors à l'émeute comme on va au spectacle : les femmes y cherchaient des émotions. La foule était si grande que les voitures, craignant des fantaisies de barricades, ne s'y hasardaient plus. Alors la foule, maîtresse du terrain, grouillait comme une fourmilière ; puis, des profondeurs de ces masses, une psalmodie sourde, têtue monotone, s'élevait sur l'air bien connu des Lampions : « Vive Barbes ! Nous l'aurons ! Louis-Napoléon ! » Le peuple marquait ainsi son mécontentement des dédains que la Chambre faisait éprouver à Louis Bonaparte. Quant à cet accouplement bizarre de Baibès et de Napoléon que la police considéra comme une ruse de la part des agents du j)réten(lant, il ne choquait point les sentiments du peuple. Napoléon était pioscrit par la Chambre cl Barbes prisonnier à Vincennes par la volonté de la Chambre. L'audace

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