‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 107 sur 149 · Les journaux · texte numérisé non relu

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l)léc le rejetât, d'autres moyens d'action lui restaient, formidables, selon toute apparence, pourvu qu'il voulut oser (i), car il était sur de recueillir toute l'approbation populaire au cas que le Parlement reùt acculé à la nécessité d'une audace suprême. Pour le moment, il ne tenait pas à siéger au Palais-Bourbon; c'était un rôle trop dangereux, et par lequel il risquait d'être briÀlé, comme tant d'autres (2) ; il pouvait donc parler fort. Le gouvernement le savait bien mieux que lui, et ne se résoudrait point à le pousser à bout. L'Assemblée n'oserait pas davantage une mesure radicale ; elle se contenterait toujours — toujours I — du provisoire. Vite alors, de nouveau, il interviendrait.

L'effet immédiat de la lettre fut sérieux. Personne n'aime à recevoir une leçon et le Parlement en essuyait une. Celle-ci, cruelle dans les circonstances difficiles du moment, s'aggravait d'une menace. L'Assemblée ne s'y trompa pas. Elle s'y trompa si peu qu'elle oublia d'être guindée et se fit voir à nu. L'enfantillage de sa colère serait stupéfiant si tant d'exemples n'y avaient habitué. La phrase pour laquelle la lettre avait été écrite la fouetta comme une lanière coupante, longuement effilée vers sa pointe : « Si le peuple m'impose des devoirs, je saurai les remplir... » Ce fut encore le cri de rage jeté devant l'élection, mais doublé, mieux nourri, plus profond; l'injure, directe, renchérissait sur la précédente, la consacrait, et celui-là même par qui elle avait été faite appliquait le fouet sur la première blessure, d'une main déjà solide, experte, autorisée.

L'Assemblée, furibonde, s'exprime alors par Gavaignac. Son austère visage creusé, rigide, tendu, même

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