‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 108 sur 149 · Blanc, Stern, Castille, etc · texte numérisé non relu

Blanc, Stern, Castille, etc

2. La droite, qui ne l'avait soutenu que contre le gouvernement, l'aurait perdu.

à l'état de repos, ses yeux devenus mauvais, sa l)ouchc convulsée valent à ses paroles, plutôt divertissantes, une sorte de comique solennel attristant : « L'émotion qui m'a.u:itc ne me permet pas d'exprimer comme je le désirerais toute ma i)cnsée. Mais ce que je remarque, c'est que, dans cette pièce qui devient histori- ([ue, le mot de républi([ue n'est pas prononcé ! » L'Assemblée, une fois de plus, allait s'en cliaif^^er avec véhémence. De toutes parts, le cri souhaité monte deux fois dans l'enceinte. A la tribune, Cavaignac, voulant insister sur sa profession de foi, dit encore : <( Je me borne à signaler cette pièce à l'attention de l'Assemblée Nationale, à l'attention et au souvenir de la nation entière, » Et le cri nécessaire retentit toujours. Un émule du général, le député Beaune, veut protester à son tour « contre la déclaration de guerre d'un prétendant. {Très bien ! Bis...) Nous ne craignons pas, rugit-il, un dix-huit brumaire {Non'. Ter... Qu'il essaye'. Qu'il vienne!). » Puis c'est un dénié d'orateurs, impétueux. L'énorme Antony Thouret : « Toutes les prétentions, de quelque prétendant que ce soit, disparaîtront devant vos mépris! (Oui! Bis. Très bien.) » Glais-Bizoin, de sa voix la plus glapissante (i) : « Qu'il vienne ici ! Il faut qu'il vienne ! » — Raynal : « Il faut qu'il vienne ! » — Antony Thouret, déchaîné, revient à la charge, insiste sur la fameuse phrase et, enfin: « Je demande qu'il soit déclaré à l'instant que Louis Bonaparte est traître à la patrie! » {Oui! Bis. Non .' Bis .') Un des plus énergiques partisans de Louis Blanc lance un morceau de papier plié sur le bureau présidentiel. M. Senard le parcourt et, d'un geste théâtral : « Ecoutez donc ! On menace votre président !» Il lit le billet, ainsi conçu : « Si vous ne

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