Caslille, déjà cité. Docurnents
été acclamé plus qu'un chef, mécontenlait tout le monde maintenant et donnerait bientôt sa démission (i). En échappant à ce peuple qu'il voulait conduire, Thiers, pour le moment, lui trouvait la physionomie sombre (2). — L'émeute comptait ses troupes ; elle était prête ; que Louis-Napoléon vînt, et elle cesserait presque certainement, sans lutte, sans exécution. Mais l'Assemblée ne le veut à aucun prix ; elle préfère la guerre civile, la déchaîner par sa passion politique sans intelligence véritable ou, du moins, ne pas l'enrayer. Tout, plutôt que de toléier le neveu de l'Homme. Tout plutôt que cela, même le massacre.
Les amis du prince sentent le péril, et qu'il presse. Dès la lin de la séance, ils envoient Ferrère à Londres, Le banquier sonne le lendemain à l'hôtel de King-Street. Louis-Napoléon s'avance au-devant de lui et le reçoit sur le haut de l'escalier ; il lui serre les mains, le remercie « avec sentiment (3) ». Mis en face des faits, il réclame des détails et demande : « Avez- \ ous un moyen de détourner le coup ? — Je viens le chercher, répond Ferrère ; c'est une seconde lettre au président, mais toute différente de la première. Daignez l'écrire et je repars ce soir même ; demain matin, à onze heures, elle sera remise. » Louis-Napoléon semblait préoccupé. Il demeura silencieux d'abord, puis aurait dit : « J'aime les personnes qui savent, dans certaines circonstances, prendre une résolution
I. « La garde nationale elle-même... souhaitait un autre clief. Dans une récente discussion soulevée par la proposition de deux reijrésentants bonapartistes, et qui tendait à établir l'edigie de Napoléon sur la croix de la Légion d'honneur, INI. Thomas a blessé le sentiment public en attaquant « ces signes de distinction ridicules, ces hochets de la vanité. » Journal du maréchal de Caslellane.