Histoire de la Révolution de iS^S, déjà citée
tous trois, par suite de leur insuccès, allaient être mis en prison sur l'ordre de ceux qui se seraicat arrangés de manière à les servir s'ils avaient réussi. Lcdni-Kollin, j)oiii' avoir hésité sans cesse, ne représentait plus ce (piil avait promis ; il redevenait un parlementaire. ()uant à Lamartine, nous avons vu ce qui lui faisait défaut ; il lui manquait encore le courage de se valoir jus(pi'au bout des ennemis, puis le sentiment de la joie dans la lutte contre eux. Les autres n'étaient que des lieutenants, sauf Caussidicre, simple colonel d'attaque (i), en dépit du (]ualilicalif de « soleil républicain » dont on l'avait gratifié (2). Le dictateur manqua donc ce i5 mai où la révolution cum[)tait donner son plus fort coup d'épaule, et tous s'entendirent pour frapper celui (jui semblait supérieur, Blanqui. Il devint clair que la mêlée sociale de 1848 avait peut-être produit une grande quantité de citoyens, mais pas un homme. Ce fut sa perle. Proudhon, plus tard, le reconnut dans un langage savoureux : « Y avait-il pour nous matière à négation en février ? Restait-il quelque chose à abolir, ou bien n'avions-nous qu'à améliorer ? Dans le premier cas, pourquoi cette abstention du gouvernelucnl proviscnre ? Dans le second, pourquoi avoir cliassé Louis-Pliili[)pe et que signifiait la République? Ou les chefs de la démocratie trahissaient, en gardant le .statu quo, leur mandat, ou bien ils avaient agi sans mandat et il ne fallait voir en eux que des usurpateuis (3). » Il y avait à transformer le Parlement ou à le jeter bas (4), et les soi-disant chefs de la démocratie l'avaient consolidé.