I. Daniel Slern, Histoire de la Révolution de 1848, t. II
ges que leur donnaient la vieille habitude de la discussion, la pratique des aflaires et, gagnant du terrain peu à peu dans les comités importants, particulièrement dans le comité du travail et dans celui des linances, ils purent, sans se déceler encore à l'Assemblée, qui n'aurait i)as soulTert leurs prétentions, paralyser l'élan réj)ublicain et miner à sa base l'établissement des lois démocratiques (i). » Chaque [)arli évincé, espérant de moins en moins aboutir, se montrait de plus en plus intransigeant.
A force de ne songer qu'à se maintenir, le gouvernement, après avoir condamné les régimes absolutistes du passé, les égalait en égo'isme. Il redoutait la nouvelle alliance éi)auchéede la bourgeoisie et du prolétariat ; il savait que s'il leur laissait le temps d'y voir clair, ces deux classes seraient contre lui. Il ne pouvait se séparer delà bourgeoisie d'où il tirait sa puissance, mais il n'avait plus besoin du prolétariat maintenant que celui-ci l'avait porté au pouvoir ; ne sachant qu'en l'aire, il avait résolu de s'en débarrasser. Pour y réussir, après le i5 mai, le pire lui fut indifïérent. Il l'admit (2), et il décida d'annihiler les revendications des deux classes en les opposant l'une à l'autre. Il le ht avec d'autant plus de bonne loi qu'il était lui-même d'origine bourgeoise. Cette lutte lui vaudrait une vie-