‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 128 sur 149 · Stern, déjà cité · texte numérisé non relu

Stern, déjà cité

ET LA «ÉVOLUTION DE l8'f8 299

Chaumont, à la Villcllc. des conciliabules avaient lieu, « disait-on, dans le but de se transporter le 27 mai, à deux heures, 49 l'ue Yivienne, et d'y signer une pétition pour aire nommer Bonaparte premier consul. On savait que l'avocat Charles Lcdru était parti pour Londres et l'on se demandait (picl but le conduisait vers le prince. Le bruit courait d'une gratification de quarante-cinq centimes faite dans le peuple au nom de Louis Bonaparte. Le point central était, disait-on, dans le faubourg Saint-Germain ; on citait dans les groupes un marchand de vin, non loin de l'Assemblée nationale, où se faisaient ces distributions ; un bureau était également établi rue du Bac. On reconnut plus tard que ces cinquante centimes provenaient d'une paye régulière aux Ateliers Nationaux pour une demi-journée lors du recensement... Le i/f juin, un individu à cheveux blancs avait été arrêté vers six heures du soir, yis-àvis de l'Ambigu, alors que, du haut d'un cabriolet de I)lace, il répandait i)armi la foule une grande quantité de brochures à la louange du prince Louis Bonaparte (i). » On parlait des soirées du général Piat. Le 18 juin, une poignée de gamins se traîna de la rue Saint- Jac([ues-La-Boucherie jusqu'au sommet de la rue Saint-Martin en criant « Vive Napoléon ! (2) » La colère du gouvernement contre les Ateliers Nationaux vint, en outre, de ce qu'il avait espéré les utilisera son profit. Il les redoutait et, néanmoins, comptait sur eux, soit [)our aider aux élections, soit pour faire avorter les manileslalions populaires, soit contre l'insurrection même. Ce calcul entretenait particulièrement sa philanthropie républicaine. L'auteur i[ue nous avons cité l'avoue et ajoute : «Dans ce des-

Page 1