Arch. Nal. B B30, 363, I
3oO LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE
sein, on les avait tenus en jalousie contre les corporations du Luxembourij: qu'on leur représentait comme des privilégiées. Mais les choses ont tourné dans les mains mêmes du gouvernement contre ses prévisions. Peu à peu, des éléments nouveaux se sont iniiltrés dans les Ateliers et en ont changé le caractère ou, plutôt, celte masse confuse, flottante, qu'on a poussée là pour en débarrasser la place publique, s'est animée insensil^lement d'un esprit commun ; elle s'est disciplinée, organisée par sa propre force ; elle constitue à l'heure dont je parle une armée véritable, mais une armée qui ne connaît pas ceux qui l'ont créée et qui s'est donnée, par l'éleclion, des chefs de son choix auxquels seuls elle obéira au jour décisif (i). » A qui la faute ? Le gouvernement aurait amélioré les conditions de la classe ouvrière que celle-ci, dans son ensemble du moins, et dans un ensemble aussi formidable, n'aurait pas écouté les meneurs ; elle ne les aurait pas suivis, en tout cas, jusqu'à la barricade. Ici, encore, on a cherché les traces de l'intrigue bonapartiste, et aussi vainement ; on ne peut dira qu'elle n'ait pas existé (2) et il est probable qu'Emile Thomas dut agir, mais aucune preuve, même lointaine, ne permet de l'aflirmer (3). Celle qu'on a le plus mise en avant ne signi-