‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 133 sur 149 · I. D. Stern. — Enquête Parlementaire · texte numérisé non relu

I. D. Stern. — Enquête Parlementaire

ET LA IIÉVOU'TION DE 1848 3l9

et la révolte généi-ale iut décidée, oommo rémeute, spontanément. — A la place Saint-Solpice. monté sur le rebord de la fontaine, Pujol harang^uc la foule. Pendant qu'il parle, les cloches sonnent à l'église ; c'est la Fêle-Dieu. Les ouvriers courent au clocher et coupent les cordes. Pujol reprend son discours. On crie : « Vive Barbes ! Vive Napoléon ! » On chante le refrain déjà psalmodié sur le boulevard : « Vive Barbes 1 Nous l'aurons ! Nous l'aurons ! Louis-Napolécn ! » Ou même simplement : « Nous l'aurons I » Et il n'y avait pas besoin d'ajouter un nom pour que cette affîrmalion fut comprise (i). Le soir, à six heures, près de six mille hommes occupent la place du Panthéon. Pujol parle encore, monté sur le rebord de la g-rille : « Citoyens, êles-vous fidèles au saint drapeau de la République ? — Oui ! — Eh bien, gloire à vous, enfants de Paris ! Vous allez donner à la France un exemple de votre patriotisme et de votre courage. Unissons-nous, et que ce cri résonne aux oreilles de vos persécuteurs : Du travail ou du pain ! S'ils sont sourds à la voix du peuple, malheur à eux ! Vous avez promis trois mois de misère à la république, mais vous saurez vous venger de trois mois de trahison. En avant ! » Les ouvriers descendent la rue Saint-Jacqu<'s, traversent la Seine, parcourent le faubourg Saint-Antoine, recrutent quatre mille hommes, de nombreuses femmes, et reviennent place du Panthéon. « Mes amis, continue Pujol, je déclare au nom des vrais républicains que vous avez bien mérité de la patrie. Vous avez en i83o et en iS^S versé votre sang pour la conquête de vos droits, vous saurez les faire respecter... Aux promesses, vous avez accordé la conlîance, aux erreurs le pardon ; mais

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