Daniel Slciii, drjà cité, l. II
34o LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE
ces misérables aux gages des factions signalés par une presse envenimée et auxquels on payait, à raison de tant par heure, le salaire d'une besogne de meurtre, de viol et d'incendie... (i). » Ailleurs, elle dépeint les insurgés attendrissant le président de l'Assemblée, Senard, par la sincérité de leurs paroles qu'elle rapporte ainsi : « Le faubourg Saint-Antoine est dévoué à la République ; les ouvriers ne combattent pour aucun prétendant, mais uniquement pour défendre le gouvernement républicain qu'ils croient en péril. On leur parle de doctrines anti-sociales ; ils ne les connaissent pas. Ils les repousseraient avec indignation ; et ce témoignage mérite croyance, car depuis soixantedouze heures qu'ils sont maîtres du faubourg, pas un acte contrela propriété n'a été commis, pas une menace n'a été proférée par ces hommes armés qui manquent de pain. » Etranges mercenaires, d'une loyauté inconnue !
Reste la lettre au général Rapatel (-2), qui ne signifie pas davantage que le prince ni ses amis aient pris part aux journées de juin — et qui, de plus, est, sans doute, une invention pure et simple hasardée par les hommes du National 0). Si, réellement, elle fut écrite par Louis-Napoléon et envoyée — ce que rien ne prouve — elle montrerait, en même temps qu'une maladresse dont le prétendant semblait s'être corrigé, qu'il sentait venir son heure, et cela seulement. Plus on réfléchit à ce billet bizarre (4), moins on peut croire à son