‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 140 sur 149 · Daniel Stern, déjà cité. t. II · texte numérisé non relu

Daniel Stern, déjà cité. t. II

2. Ainsi conçue : « Londres ; 22 juin 18^8. — Général, je connais vos sentiments pour ma famille. Si les événements qui se préparent tournent dans le sens qui lui soit favorable, vous êtes ministre de la Guerre. »

3. On ne conqîrend môme pas l'intérêt que le prince pouvait avoir à l'écrire. Au contraire, on distingue facilement l'intérêt du National.

4. Ce général Rapatel aurait-il été celui qui, comme colonel.

aulhenlicilé. Il dcniciitirait toute la tactique du prince en 1848 et cette tactique donna trop constamment les preuves de son habileté pour que Tunique argument qui soit invoqué contre doive être préféré à tous ceux qui rétal)lissent.

Pas plus que dans ce que nous avons examiné, il n'est équitable de chercher quelque machination dans ce fait que la garde nationale de Grenelle, refusant de tuer le peuple, marche vers les Tuileries au cri de « Vive Napoléon 1 » et déclare que si l'ordre lui est enjoint de combattre, elle ne tirerait point. Ce qui précède établit jusqu'à l'évidence comme ce cri est spontané. L'idée napoléonienne imprégnait l'air (i) ; mais elle restait impropre à alimenter la guerre civile car elle représente un principe qui permet même, mieux, peut-être, que tout autre, de l'empêcher ; et c'est ce principe qu'évoquaient les soldats, vaguement persuadés que la tâche sinistre dont on les chargeait leur eut été évitée par la présence de Louis- Napoléon ; ils protestaient contre la maladresse gouvernementale. L'idée napoléonienne possédait déjà la France. Elle était représentée jusqu'auprès

avait joué un rôle si peu recoinniandable dans l'affaire du g'éncral Berlon ? Après avoir sollicité les avances de ce dernier, il alla ensuite le trahir et gagna ainsi ses nouveaux galons. — Voir Trélat, La Chavbonncrie ilan?, Paris-Hévolutinnnnire. — Rien ne coûte à un semblable personnage, même une fausse lettre.

I. On criait déjà : « Vive Napoléon 1 » et « Vive l'Empereur ! » au dél)ut de juin en uicme temps que « Vive Barbés ! Vive Louis Blanc ! Vive la républicpie déuKJcralique et sociale ! » La derniôre Itépiihlir/iie ou Paris et le drpnrteriicnt de Saàne-et-Loiie jirudani In révnlntion de i H^H par Jules Seurre, Paris, Tiarnier, Chàlon-sur- Saône, Boyer, 18G0. — Voir : Stern, Caslille. Robin, etc., etc., et les journaux. — « L'Iiistoire permise [«'ut-elle trouver un élément najioléonien dans les fatales journées de Juin? Il dut se mêler à cette insurrection, comme toujours, les divers partis hostiles à la forme de gouvernement décréléc le a, février; les bonaparlistes. comme les légitimistes, en inlinie minorité de comballanls.. . » Capeligue. La Société et les /^oiiveriieinents de l'Europe, t. IV,

3^2 LOUrS- NAPOLEON BONAPARTE

(le Gavai^nac par Pierre Bonaparte. Lliésitalion de la garde nationale dépendait si peu d'une intrigue qu'elle existait aussi, nous l'avons vu, dans la ligne et que toutes les troupes, ou presque toutes, l'éprouvèrent, oubliant, ou reculant, en face de leurs concitoyens, la soi-disant revanche que l'armée avait à prendre depuis février (i) ; elle découlait à ce point de la situation que l'historien la partage à son tour maintenant encore en étudiant les événements. Lamoricière n'a cessé de remarquer Tindécision de ses hommes et d'en craindre les suites ; ce fut même, sans doute, une des raisons de sa brutalité. La compagnie de la garde nationale du capitaine Lagénissel passa à l'ennemi en croyant accomplir son véritable devoir et sans qu'aucune intrigue, bonapartiste ou autre, Ty ait engagée. Ca^aignac se défiait au plus haut point de la garde mobile qui avait élu pour la commander « plusieurs partisans déclarés de LouisiSapoléon Bonaparte (2), » et le gouvernement ressentait une terreur telle de ce que représentait le neveu de l'Empereur que ces élections, elles aussi, lui devenaient un autre indice du complot tant cherché, jamais découvert (3). Ce complot ne se laissa pas éventer ici mieux qu'ailleurs et la garde mobile que l'insurrection, la veille du 212, avait continué de saluer comme sa propre avant-garde, décida de la victoire. La seule ruse qui soit claire est encore celle du gouvernement réussissant à rallier à sa cause des jeunes gens dangereux et braves que l'amour du képi, leur indécision, leurs défauts et un concours spécial de circonstances permirent d'entraîner ; le gouvernement faisait ainsi, en quelque sorte, et en réalité, peut*

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