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gnac et, derrière lui, l'Assemblée, devaient bénécier. Quant à l'horreur de cette politique, malgré le coup d'Etat, que nous expliquerons à son heure, la vie entière de Napoléon III démontre qu'il était incapable absolument de la même concevoir (i). Les manœuvres politiciennes à ce sujet sont évidentes en face d'une concentration que le pouvoir espérait voir tomber dans les journées de Juin et qu'il s'efforça de discréditer ensuite en constatant qu'elle s'implantait mieux encore ; le pouvoir avait très vraisemblablement rêvé que les velléités bonapartistes sombreraient par les barricades. — Cette diplomatie inférieure s'usait d'elle-même, car c'était bien moins contre un parti qu'elle tendait ses rets que contre une idée. Insaisissable, l'idée se jouait de tous les pièges et se développait avec une force souveraine. Elle occupait à ce point l'universalité des esprits qu'on ne pouvait admettre, justement, que son représentant ne fût pas à Paris; l'Assemblée pensait là-dessus comme la généralité et le gouvernement s'en persuadait plus encore ; à ses yeux, il fallait tellement que le fds du roi Louis s'y trouvât que Garnier-Pagès parcourut toute la
I. « On a essayé de mettre une marque sur l'insurrection de juin et de la défigurer complètement. Les républicains, qui avaient été les premiers à reconnaitre que les fauteurs incorrigibles de ces troubles sanglants étaient des sectaires qui ne rêvaient rien moins que le renversement de l'ordre social tout entier, semblaient vouloir sacrifier les réalités les mieux établies au besoin de créer des responsabilités imaginaires et de les rejeter sur les anciens partis monarchiques. Les uns s'en prenaient aux légitimistes, d'autres aux bonapartistes. Le citoyen Garnier-Pagès n'a-t-il pas écrit un livre poiu- démontrer que les néfastes journées de Juin étaient l'œuvre du bonapartisme? Ame honnête, mais esprit faux, on disait de lui qu'il prenait toujours l'ombre pour la proie... » Quentin-Beauchart, Eliid's et souvenirs sur la Deuxième République et le Second Empire, Pion, a vol. 1901, t. L — Voir aussi dans le même ouvrage la scène entre Garnier-Pagès, Quentin-Beauchart et Grévy où Garnier-Pagès laisse entendre que la future présidence de la républi(jue doit naturellement lui échoir.
capitale pour l'y dccouviir et le tuer (i). « Un fait singulier, dont j'ai reçu confidence, raconte Maxime Du Camp, prouvera à quelle folie les âmes les plus droites peuvent se laisser entraîner par esprit de secte. Un homme ({ui occupait alors une des plus hautes situations politiques du gouvernement, représentant du peuple, riche, honoré, intelligent, lettré à ses heures, car il fut un des auteurs de cette traduction de Platon que Victor Cousin a signée, d'un caractère doux et bienfaisant, mais amoureux jusqu'au fanatisme de la forme républicaine, parcourut Paris pendant les quatre jours de l'insurrection, accompagné de deux agents de la sûreté qui l'aidaient dans ses recherches, furetant partout et tâchant de découvrir le prince Louis-Xapoléon auquel il voulait simplement brûler la cervelle. Le prince était-il à Londres, était-il à Paris ?... Je ne sais . En tout cas, il fut introuvable et un crime ne fut pas commis. »
Il n'y a pas de preuves établissant que Louis-Napoléon ait été à Paris ou à Londres ou, du moins, on ne les a pas encore exhumées ; toutefois, il parait bien qu'il était resté à Londres ; des deux suppositions, telle est certainement celle qui peut le mieux être avancée et maintenue (2). Déjà, lors de sa seconde lettre à l'Assemblée, on avait dit qu'il se tenait caché chez Vieillard, ou ailleurs, alors qu'en réalité — et sans que, cette fois, le moindre doute ait subsisté, — il résidait de l'autre coté du détroit ; un sentiment sembhible se titjourde nouveau, qui entraîna beaucoup de personnes à croire à sa présence. — Répétons-le : il avait senti venir la tempête et avait voulu l'éviter ; il désirait môme qu'aucun de ses partisans ne prit part à quoicpie ce fût, pour le moment, et leur