Du Camp, idcmel p. 8'i
« Vive l'Empereur (i) ! » A-t-elle été préparée ? Nullement. Elle est toute naturelle, toute véridique. A cette heure, il n'y a pas encore de parti bonapartiste constitué ; disséminé ici cl là, en la personne de rares représentants, il n'a pas eu le temps de s'entendre ; s'il agissait, il ne le ferait cpie partiellement. Le peuple seul, de lui-même, songe à Napoléon ; l'àme des foules, instinctive, l'invocpie ; inconsciemment, naïvement, elle essaie un hymne de foi ; elle appelle déjà une promesse de gloire, de révolution réalisée et d'ordre. Une des premières notes joyeuses de 1848 s'élève ainsi, comme de l'espoir, vers un dictateur. Et cet aveu involontaire est signiticatif. Jeté par les soldats de Waterloo, les demi-soldes de la Restauration, les combattants de Juillet et quelques soutiens du prochain Napoléon III, ce cri est encore celui des conspirations polonaises et italiennes, celui des conjurés de l'Epingle noire, celui de Didier, de Nanlil, de Pailhès et de tant d'autres, celui des quatre sergents, celui qu'a retenu Carrel, noble enfant napoléonien (2), celui qu'a développé, malgré lui, Berryer, devant la Chambre des Pairs; c'est le rythme du colossal ouragan qui salue le retour des Cendres. Il