Castille, déjà cité
3. Au début, le peuple lit même preuve d'une certaine timidité. « J'ai assisté à tous ces faits qui ont amené la chute de la dynastie et je n'ai pas éprouvé cette émotion qu'on ressent quand on est en présence d'un de ces grands événements qui font date dans l'histoire d'un peuple. Quand, rentré chez moi, fatigué et ahuri, je nie remémore tout ce que j'ai vu, l'impression qui m'en reste, c'est que cette révolution ressemble tout simplement à une émeute réussie. Il n'y avait point d'enthousiasme dans cette foule. Les meneurs avaient l'air de gens qui font du bruit pour se donner du «ourage. » A. Darimon, A travers une Révolution, Denlu, 1884, p. 20.
4. Castille. « N'est-ce pas un fait étrange et tout à fait conforme au génie des temps modernes que la République, dont le seul nom envoie à l'esprit toutes les splendeurs de la gloire, de l'abondance et de la justice, soit sortie d'un bouge qu'environnent des boues éternelles ?... Ce ne furent ni l'artiste, ni l'insurgé taché de sang, ni même le délire du truand aviné qui amoindrirent, dès son origine, cette pâle et souffrante figure de la seconde république française. C'est le dépècement du pouvoir livré aux mains d'une poignée de scribes et de rhéteurs, parmi lesquels il ne se trouva pas un seul homme capable de rassembler dans sa main jierveuse les courroies qui attellent un peuple à l'idée qui l'entraîne. » t. I, p. 267, 58.
la destruction stupide et l'incendie, malgré tout ce qui va suivre, en dépit de ce ridicule dont parle le poète, on ne peut s'empêcher de reconnaître que, par suite de ces rcveudicalions populaires, malgré, encore souvent, l'absurdité de celles-ci, la France lit un pas, — et aurait pu en faire un, peut-être^ bien plus considérai)le. L'époque est passée de certains enthousiasmes ; trop de rhétorique les gâte aujourd'hui que la flamme momentanée dont ils prolitèrent s'est éteinte, et la méfiance est un devoir impérieux en face des idéalismcs faciles ; mais il y a des résultats qui légitiment certaines exaltations et, pardelà toutes les prudences, qui ne rêverait devant les lignes suivantes, écrites par un contemporain de cette guerre civile ? « La puissance de l'idée surgit alors dans toute sa grandeur car, à côté de la multitude des intérêts individuels qui s'agitent dans les ténèbres du cœur humain, plane une pensée, au nom de laquelle, de bonne ou de mauvaise foi, en vue d'un calcul personnel ou général, par enthousiasme ou par la rigueur de la discipline, un peuple va risquer la I)aix de ses foyers, sa fortune, sa vie — et s'entredéchirer implacablement. » (i). Afin de saisir, autant que possible, cette idée, il convient de considérer les circonstances qui lui permettent d'éclorc, dont elle n'est peut-être que le résultat, et qu'elle vivifie dans leurs développements ; il faut étudier ses serviteurs les plus obscurs comme les individualités célèbres <|ui ont paru la résumer, chez celles-ci, ensuite, l'œuf qui l'a contenue, les différents mobiles qui l'alimentent, la règlent ou la font dévier, ou encore la tuent, — car l'étude d'une idée pure, dégagée des honunes, est impossible, surtout quand celte idée dépend de