‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 25 sur 149 · I. Castilie, déjà cilû · texte numérisé non relu

I. Castilie, déjà cilû

l'action au point d'exister pour elle, et pour elle seule.

L'élan qui porte à voir clans une révolution le gage d'un avenir meilleur étant dangereux, en face du passage cité plus haut, inscrivons ces pensées d'un Anglais qui vivait alors chez nous, malgré leur dédain trop visible, malgré même leur part d'erreur, — le scepticisme exagéré, dépourvu de preuves formelles, étant la plus sotte des duperies : « A partir de cette époque (1848), je n'ai jamais ouvert aucun livre d'histoire moderne traitant des causes politiques et des résultats des divers soulèvements qui ont troublé la France pendant la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Peut-être ces ouvrages méritent-ils d'être lus, je ne prétends pas soutenir le conlraire ; mais, pour ma part, j'ai toujours préféré étudier les hommes qui ont été les instigateurs de ces désordres, et j'en suis arrivé à cette conclusion que si chacun d'eux était né avec un patrimoine de cinq ou dix mille francs de rente, leurs noms n'auraient jamais figuré dans ces pages d'histoire contemporaine. Cela ne veut pas dire que les troubles eussent été évités, mais seulement que d'autres, dépourvus du susdit revenu, auraient pris la tète du commandement (i). » Le tort de cet étranger est de tout juger selon l'àme générale de sa race, — qui a présenté quelques belles exceptions ; il existe des causes morales ; il y a des raisons, surtout en France, étrangères à l'intérêt, à la gloire même, cet intérêt idéal, et qui décident. Barbes est un riche propriétaire, Blanqui est pauvre : tous deux sont enfermés depuis neuf ans dans une cellule du Mont- Saint-Michel ; Ledru-Rollin est millionnaire. — Même par-dessus l'ambition qui a jeté, au début, certains êtres vers certaines luttes, une fois la réalité des indi-

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