‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 40 sur 149 · Lamartine, t. I, p · texte numérisé non relu

Lamartine, t. I, p

2. Lagrange avait été précédé dans ce rôle par un nommé Chateaurenaud, chanteur à l'Opéra national du boulevard du Temple. Le peuple se cherchait des maîtres. Il vit Chateaurenaud en uniforme à une des fenêtres du théâtre et, après s'être écrié

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son visage comme un avertissement de la démence qui devait le terrasser sous peu, pendant quelques heures, il errait de côté et d'autre, « le sabre à la main, deux pistolets dans la ceinture » (i) ; avec Sobrier, Gaussidière et leur armée de montagnards aux képis rouges retombant en bourse sur l'oreille, ils faisaient plus, néanmoins, pour maintenir Tordre, que tout le gouvernement rassemblé. Ajoutons leur Louis Blanc, haranguant les groupes, suivi d'Albert, immobile derrière son maître, le visage extatique, Alberl, dans lequel Lamartine voit encore l'ennemi : « Sa figure convaincue, dit-il, son visage pâle, ses gestes saccadés, ses lèvres palpitantes, exprimaient fortementle fanatisme obstiné pour l'inconnu, «(s). Comme fond à cela, les milliers de clubs qui vont bientôt éclore, sanctionnés par un décret du Gouvernement même et où, chaque jour, chaque soir, au nom de sentiments généreux, tout ce que l'humanité peut inventer de bète, de plat, de nul, souvent de carnassier, sera, en général, servi aux masses comme le meilleur de l'intelligence (3), véritables distributeurs de poison, à part une dizaine d'entre eux, oui les côtés excellents de l'esprit révolutionnaire se perdront en phraséologies lamentables. Deux hommes y dominent, l'un fougueux, sincère et chimérique, noblement détraqué, d'un enthousiasme roulant dans son torrent glauque, ici et là, des paillettes lumineuses, l'autre curieux, profond, mais plein d'une haine que la société devait trop bien se charger d'entretenir, plus subtil aussi qu'il ne le conviendrait sans doute dans son cas, tous deux s'exé-

joyeiiseiiieiit : « Un général ! Un général! » alla le clicrchcr. — Un Anglais à Paris, l. I, p. 3o4.

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