‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 41 sur 149 · I. 2. Lamartine, t. I, p · texte numérisé non relu

I. 2. Lamartine, t. I, p

3. Voir Vlùlnration scnlimrritnle <\v Flaulx'rt. En pins de ce f[\i'il constata fiar lui-niênic, le ronianciei' se lit renseigner, comme nons l'avons (lit déjà, par Pierre Leroux. Bulletin de la Société (l'Histoire de la Révolution de iS^8, t. I, n" 2, 1904. Paris, Cornély.

crant d'ailleurs, Barbes et Blanqui (i). Au-dessus de l'ensemble, dominateur accidentel et momentané, aux fenêtres de FHôtel de Ville, la haute et fine silhouette de Lamartine appelé comme régulateur de la tempête. Son influence fut décisive ; sans sa parole cadencée qui, sept fois, sauva la république naissante, le Gouvernement était balayé. Il a pu écrire de luimême, sans que cela soit ridicule : « Au nom de Lamartine, prestigieux alors sur le peuple, les imprécations se changent en acclamations de confiance et

1. Nous n'avons pas la place d'ouvrir ici, de nouveau, une vieille polémique ; rappelons donc seulement le document Taschereau, de la Revue Rétrospective. Blanqui avait-il réellement livré les renseignements en question ? Peut-être, mais on distingue mal le bénéfice qu'il en retira. On a avancé qu'il voulait de la sorte, après avoir perdu Barbés, demeurer le seul chef. Barbés, quant à lui, semble bien incapable même d'une pareille pensée. Une tache reste sur la mémoire de Blanqui. Au procès de Bourges, en avril 1849 (Les Accusés du i5 mai, Paris, chez les éditeurs associés, i85o), sommé de s'expliquer par Barbés même, il ne sut|rien opposer de sérieux aux arguments qui l'accaljlaient et son attitude fut inquiétante. M"" d'Agoult, bien renseignée sur les hommes de cette époque, croit à sa culpabilité. En 1848 même, l'affiche rédigée par Blanqui pour répondre au document Taschereau est plutôt vide. — Le procès a été jugé, à mon sens, assez équitablcment, par M. E. Biré dans : Causeries historiques, 2e série. Paris, Bloud et Barrai, s. d. Le témoignage du baron Mounier est dur. Souvenirs intimes et notes du baron Mounier. — Blanqui se montrait, en somme, plus italien que français, mais sans une force suffisante pour la ruse dont il se servait. — C'était le fîls d'un cf)nventionnel devenu ensuite préfet de l'Empire. Sa tactique, comme celle de Babœuf, comme celle de Buonarotti, était dictatoriale. — Certaines des idées de Barbés, quant àlacause des nationalités, étaient celles de Louis- Napoléon. Voir : Barbés, Deux jours de condamnation à mort, la préface de M. L. Mickiewicz. — De même qu'à l'Hôtel de Ville la rivalité des directeurs au pouvoir empêcha tout, de même, dans les clubs, la rivalité des chefs révolutionnaires empêcha le coup d'Etat que la plupart d'entre eux méditait. Blanqui détestait aussi Caussidière. Voir : Chenu, Les Montagnards de 18^8, etc. Paris, i85o. — Le Gouvernement provisoire accusa Bljyiqui de vouloir le renverser : « Non, ré|)ondit celui-ci, mais je veux vous barrer la route en arrière. » Darimon, A travers une r évolution, déjà cité, p. 24. — Dans une autre sphère, Louis Blanc refusait d'admettre Proudhon. Une entente qui aurait dû porter quelques fruits était celle de Proudhon et de Girardin, mais elle ne put également ])as s'établir :« Soyez révolutionnaire, dit Proudhon au journaliste, c'est là voti'e vocation, que aous vous obstinez à ne pas compien-

d'amour. » (i). A chaque irruption, le poète se refusait toujours à reconnaître le peuple : « C'étaient des conjurés, jeunes pour la plupart, pâlis dans les veilles des sociétés secrètes, exaltés par les conciliabules nocturnes, sans pudeur et sans responsabilité dans ces réunions où tout est fiévreux. . . des hommes aigris par l'isolement de leurs pensées... c'étaient les sophistes de l'échafaud, réchauffant à froid les colères éteintes pour motiver des attentats posthumes et pour faire des victimes au lieu de faire des citoyens. » (2). Où était donc le vrai peuple? Il ne se trouvait peut-être pas là ; mais, malgré sa situation douteuse et à cause d'elle, le gouvernement réactionnaire, tenant son pouvoir bien plus de l'émeute que de la révolution, surtout, si je l'en crois, de la populace, ne voulait à aucun prix en convenir et ne le pouvait pas. Cette association de personnages disparates a-t-elle, au moins, fait quelque chose d'essentiel dans cette journée mémorable? Non. Une haine de journalistes la divise et qui s'accentue de plus en plus ; l'entente n'arrive pas à s'établir entre l'Hôtel de Ville et la Préfecture, bien que celle-ci fasse les premiers pas, déférence d'autant plus aimable, qu'à cette heure, par son armée de montagnards, elle pouvait tout ; un homme décidé, avec elle, risquait de devenir le maître. L'aspect de Paris ne présentait rien de rassurant. « Aucune force constituée, aucun pouvoir régulièrement établi ne garantissait la société contre un coup de main. Les barricades et les hommes qui les gardaient étaient à

(Iro. » f'iirardin rrpondit : « Je fus, je suis encore révolutiounaii'c [);m' en haiil; je n'ai jamais élé, je ne serai jamais n'vdiulionnaire pai- en bas. » — La théorie de l'Jùnpire fui de concilier ces deux l'orces révolutionnaires sous une a>iloi"ité réalisali'iee de leurs [)roniesses. (>'est cette itlce (juc le «juste milieu » du tiers il rarement voulu comprendre.

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