Castille, Daniel Stern, etc
nouvel assaut se préparait, mais Blanqui n'était pas Robespierre, son club ne rappelait pas celui des Jacobins. 1848 ne valait pas 1789.
Ne serait-ce pas avant tout pour avoir compris cela que Ledru-Rollin déclina l'alliance offerte, pensant mal jouer en se solidarisant avec la révolte ? Ou bien, se sentant désormais rejeté par elle, estima-t-il qu'il était trop tard pour s'en servir? On aie droit de s'arrêter à cette seconde alternative en y ajoutant la peur qu'il eut de voir la révolution se perdre dans des excès. Ledru- Rollin était très naturellement bon. Face à face avec l'échafaud de Blanqui, le demi-communisme de Blanc et le jacobinisme hésitant, mais très armé, de Caussidière, il se retourna vers Lamartine en se promettant de l'entraîner avec lui sur le terrain révolutionnaire qu'il jugeait le meilleur et qui restait le sien propre. Il vint donc voir le poète et lui avoua tout ce qu'il avait entendu dire, tout ce qu'il pressentait du nouveau plan insurrectionnel. Contrairement à l'espoir de Ledru- Rollin, Lamartine demanda Blanqui, s'efforça de le faire parler, s'entendit avec, le calma même, si on l'en croit (i) ; au bout du compte, il ne s'en servit point et demeura dans la même position sans pouvoir utiliser le conspirateur, comme il y avait peut-être songé. Au point de vue du gouvernement, le résultat fut appréciable puisque le mouvement projeté s'arrêta; au point de vue de la politique, si les deux hommes avaient possédé une énergie plus militante et moins exclusivement intérieure, quelque chose aurait pu naître. On ne sait ce qu'ils se sont dit; aucun ne l'a révélé. L'heure pesait, grave, et d'elle dépendait une partie de l'avenir. S'ils ne sentirent pas alors l'importance de leur rencontre, il est douteux que, par la suite, ils ne l'aient pas, trop