Recollections, etc
2, 3. Un Anglais à Paris.
ET LA RÉVOLUTION DE 1848 iGj
les prendre, mais pour s'arrêter de nouveau à Persan. Les employés expliquèrent qu'un accident était survenu au train d'Amiens, manqué de quelques minutes, par suite des rails brisés à Ponloise par les insurgés ; on signalait « trente morts et grand nombre de blessés ». Si le prince avait pris ce train, il aurait donc couru les plus sérieuses chances d'être tué (i). — Dans la narration d'Orsi, les voyageurs parvinrent à Creil très tard et, quand ils apprirent que la communication avec Paris était interrompue, ils passèrent la nuit dans le compartiment. Le lendemain matin, ils se procurèrent la meilleure voiture un peu forte ({u'ils purent découvrir, attelée de bons chevaux, et arrivèrent dans la capitale à onze heures du matin. N'ayant qu'une petite valise, ils laissèrent la voiture à la porte Saint-Denis. A la barrière de Paris, ils se heurtèrent à une énorme barricade tenant toute la largeur de la chaussée, haute de quatre mètres cinquante environ et surveillée à chaque extrémité par trois gardes nationaux armés dont la consigne était de faire enlever un pavé de la barricade à toute personne qui passerait là [)Our le placer près des ouvriers qui travaillaient à refaire la rue. Une femme du peuple renchérit, paraitil, sur l'ordre donné et dit au prince : (( Allons, jeune homme, aidez-nous à remettre les pavés en place », et Louis-Napoléon aurait répondu : « Ma brave femme, je suis justement venu à Paris pour cela (2). » Craignant d'être retardés sur d'autres i)oints par la répétition de cet exercice, les voyageurs hélèrent une voilure qui passait, traînée de deux chevaux poussifs, et demandèrent au cocher s'il pouvait les conduire boulevard des Italiens. « Certaineiuenl, mon bourgeois,
1. Un Anglais à Paris. « Ne suis-jc pas en droit, dit Fialin, de dire que le prince avait <iiieiqiie raisun de croire à son étoile ? »