Sarrans jcmic. Histoire de la révolution de Février
2. UKxpresfi de Londres, du 2 mars 184H. Cité par Tliirria, déjà cité.
3. f'n Anglais à Paris. — Il est à remarquer que la Démocratie fincijit/iir n'iiulique le dépari que le ,"> mars : « Louis-Napoléon est reloiuiié en Angleterre sur la prière du gouvernement de la llépubli(pic rran(,'aise. »
tant, nous voyons que le 29, avant son départ, le prince aurait été averti le matin qu'un assez grand nombre d'hommes politiques lui ferait visite ; quelques-uns laissèrent leurs cartes ; quelques autres furent reçus (i). « L'agitation grandissait dans une formidable proportion et le moindre petit incident pouvait devenir la cause d'une soudaine et dangereuse explosion dont personne n'était à môme de prédire l'issue (2). » Le portrait du prince avec le mot Lui ! n'apparaissait plus seulement aux vitrines, il circulait dans beaucoup de mains (3). — Arrivée là, la narration d'Orsi garde tout à fait l'allure de la vérité ; elle révèle un Montholon bizarre, qui ne surprend point, étant donné son rôle à Boulogne et, par l'aspect véridique qu'elle présente, semble devoir primer celle qu'aurait développée Persigny. « Le gouvernement provisoire s'alarma, ses membres étant naturellement les premiers intéressés dans cette affaire ; les uns étaient d'avis que le prince devait être reconduit à la frontière sous escorte. Cette façon de résoudre la difficulté souleva les objections de la plus sage partie du gouvernement qui craignait les effets d'une arrivée foudroyante au pouvoir, éventualité à redouter étant donnée la sympathie du peuple... qui faisait au prince une sorte de piédestal ; et la force de l'armée, en admettant qu'on l'employât, ne pouvait guère agir efficacement contre. Dans cette alternative, le gouvernement eut recours à la seule solution propre à ne pas amener de conflit grave. Il écrivit au prince en lui demandant d'agir selon ses paroles, par lesquelles il s'afïïrmait dévoué au pays, et de quitter Paris pour un moment afin de ne pas augmenter par sa présence les difficultés déjà si nom-
I, 2,3. Recollections, etc.
breuses qu'il y avait à résoudre sans cesse à IHôlel (le Ville. En même temps, le général iNIonlliolon, ami intime du prince, était envoyé vers lui pour peser de toute son influence en laveur de la prière gouvernementale et môme le décider à retourner en Angleterre sans un moment de délai. Louis-Napoléon reçut cet ordre avec un calme parfait, mêlé d'un léger mouvement de désappointement. Persigny, dont la répugnance pour les demi-mesures était bien connue, pressa son maître de se révolter contre la demande du gouvernement provisoire qu'il considérait comme un ordre de quitter la France ; ses prières furent secondées. Les partisans de cette thèse avançaient que la meilleure tactique à employer afin de propager ridée napoléonienne et sa réussite serait encore l'expulsion forcée du prince par cette bande d'hommes, décorée du nom de gouvernement, qui avait usurpé le pouvoir sans l'assentiment du peuple ; et la majorité conseillait la résistance. Le prince, après avoir entendu le pour et le contre des deux partis, ne sembla pas ému le moins du monde par aucun de leurs arguments ; il se leva brusquement et tint ce langage : « Messieurs, j'ai résolu de partir cette nuit. Je vous suis reconnaissant pour tout ce que vous m'avez dit dans l'espoir de répandre la cause que je représente, mais, dans le cas qui nous occupe, je ne pense pas que mon devoir me conseille de suivre votre avis. Le gouvernement provisoire est, pour l'instant, la seule sauvegarde de la France. De ma part, il serait criminel de l'ébranler ou de le renverser. Je ne souhaite pas mettre d'obstacles sur son chemin. Je suis venu à Paris pour offrir mes services au gouvernement, je ne veux pas parjurer ma parole ; les élections pour une assemblée nationale vont bientôt avoir lieu, elles montreront les tcndan-
ces du pays. Ce serait un mauvais début pour moi que de susciter une révolte au moment où chacun fait son possible afin de respecter le pouvoir existant. » Ces quelques mots furent prononcés d'une voix ferme et déterminée qui empêcha quiconque de risquer une contradiction. Le prince quitta Paris le 2 mars, (i) » Plus on l'examine, plus ce passade semble vrai. En ce cas, Louis-Napoléon, le 2, jour de son départ, ou la veille, aurait-il rencontré Lamartine? Orsi ne le dit pas. Lamartine n'a pas parlé davantage et, à ma connaissance, à part le passage indiqué plus haut, rien ne mentionne cette entrevue. Ici encore, le mieux est de s'abstenir (2).
Le lendemain du jour 011, par suite de l'envahissement de rAsseml)léc nalionide, trois vaincus étaient résultés de la lutte révolutionnaire, les clubs, le gouvernement et l'Assemblée, tous trois s 'étant entrechoqués sans résultat, le 16 mars, avait lieu la manifestation dite des bonnets à poils. — La question s'agitait de retirer cette coiffure, peu pratique, à la garde nationale et de lui en substituer une plus facile (3).
1. Recollections, etc. Onre\c\edans> les Dei'niers Souvenirs duC" J. d'Eslourmel, à la date du 5 mars: «Enfin nous avions à notre soirée un empereur en expectative et un dieu renversé, M. Napoléon Bonaparte et M. Enfantin... » Cette soirée était chez M. et M°" de Girardin. L'auteur désigne ici le lîls de Jérôme, selon toute vraisemblance. Le prince ne dut certainement pas avoir le temps de voir Girardin à ce premier voyage, — ceci au cas d'une erreur de date dans le journal, — en second lieu, tous les autres témoignages prouvent que ce ne pouvait être lui, p. 3i. — Dentu, 18G0.