‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 69 sur 149 · Ferrère, Idem · texte numérisé non relu

Ferrère, Idem

4. « La prodig^ieuse influence que le souvenir de l'Empereur exerçait encore sur le peuple des Ailles et des campagnes rentlait la tâche facile. Aussi eut-elle un succès aussi rapide que considérable. Dès les premiers jours de mai jusqu'aux journées de Juin, le cri de « Vive Napoléon » fut le cri dominant des agitations populaires. » Eug. Tènot, Paris en décembre i85i, Paris, Lechevalier, 1868.

5. « Le II juin, toutes les affiches du prince de Joinville étaient arrachées par ordre de l'autorité et, au même instant, les murs se couvraient en un clin d'œil de celles du prince Louis-Napoléon Bonaparte. Il semblait, eu effet, que le décret de proscription contre la famille d'Orléans n'eût été préparé et rendu que pour faire place au prince Louis. » C'est le lendemain que Piétri déposait sa proposition d'abrogation formelle de l'article 4 de la loi du 10 avril 183-2, — dont nous parlons plus loin, — proposition qui fut immédiatement déclarée d'urgence. On remarcjuail parmi les signataires les noms de Louis Blanc, Conti, Casablanca, Abattucci,

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léoniennc (i) apparut à côté. Il ne semble pas que le prince ait donné des ordres. Laity (2), de son plein chef, marcha ainsi de l'avant ; il fut imité ensuite, mais, cette fois, sur le conseil de Louis Bonaparte, notamment par le général Montholon, chargé des bulletins de vote (3). — Que pense donc à cette heure et où en est le candidat malgré lui (4) ?

lîoulay (de la Meuilhe), Laurent (de l'Ardèclie), Germain Sarrul. Il y a dans celte coïncidence un tout petit côté f[ui permet de se rappeler les avances [)robables du gouvernement avant la venue <hi prince à Paris. — Victor Pierre, t. I, p. 33o. — Le jour de la <liscussion, le 2 juin, la délibération est tumultueuse et courte. Le seul ministre présent se trouve être Crémieux ; il parle au nom du Gouvernement et abonde dans le sens de la jjroposition.

1. La voici : « Candidature de Louis-Napoléon Bonaparte — Aux électeurs de Paris, — Citoyens, — La réaction ne se cache plus, elle vous propose de nommer à l'Assemblée le prince de Joinville, le lils tic Louis-Philippe, chassé par aous il y a trois mois. — Deux lois ramenés par les Ijaïonnettes étrangères, les Bourbons ont été quatre fois expulsés de la France. La nation n'en veut plus. — Il est un autre nom qui lut toujours associé à nos triomi)hes et à nos malhcuis. Quand nos drapeaux victorieux flottaient à Vienne, à Berlin, à Moscou, l'Empereur était à notre tête; les Bourbons maudissaient nos victoires. (Hiand les gardes étrangères inondaient notre territoire, les Bourbons triomphaient; l'Empereur allait mourir à Sainte-Hélène ! — Prononcez et jugez. — Nous vous jiroposons de nommer à l'Assemblée notre concitoyen Napoléon- Louis Bonai)arle, enfant de Paris. Il s'est formé à la rude école de l'exil et de la capti\ ilé. Soldat de l'indépendance italienne en i83i, il voulut plus tard, à Strasbourg et à Boulogne, arracher la France au joug de la honte en proclamant la souveraineté du peuple. Il a payé de sej)! ans de cai)tivité l'honneur «l'avoir précédé l'héroïque I)opulalion de Paris. — On l'a rangé |)armi les prétendants. Il repousse i;;in de lui cette (pialilicaliou ; car il sait que le général B«»napartc était le plus graïul citojen de la France avant «l'en être le premier magistral et qu'aujourd'hui comme alors, le [touvoir doit être au plus digne. — Envoyez Naitoléon-Louis à l'Assemblée, c'est un des nobles enfants de la France. Nous vous en lépondons. — Vive la République! — Un vieux ré[)ublicain de i^ya, soldat de Zurich et de Waterloo, un ouvrier combattant des barricades de février. »

2. « Laity porte la candidature du prince Louis-Napoléon sans son ccuisentement, je dis |)lus, malgré sa défense. » Ferrére, /k'celations, clc. — Laity serait allé ensuile à Londres, sans doute pour expli(|uer sa conduite. A la lin de mai, il y trouva Persigny et

rvinl en juin. — Voir Garnier-Pagès, t. VIL i. Papiers et Covrespuiulattre de la famille impériale, it<"i. 4. Mol df M. Vieillard à l'Asscuiblée.

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Si Louis-Napoléon ne s'est pas présenté en avril, il en a eu l'idée précédemment. Le 12 mars, il a envoyé Persigny vers Odilon Barrot, — avec lequel il avait, sans doute, conlinué d'enlrelenir quelques rapports depuis Ham, — pour lui demander son avis sur les événements et s'il devait essayer de la députation (i). Sur un conseil vraisemblablement négatif, il s'aljstint. Inquiété par l'ardeur quelquefois trop impatiente de ses partisans, mais sur, par cela même, qu'ils agissaient, il préféra demeurer neutre ; de la sorte, il les désapprouverait mieux et publiquement, s'il était contraint d'en arriver là. Il restait libre, sans engagement, maître du lendemain, indemne. Au début d'une bataille comme celle qu'il allait livrer, il est difficile de croire à son apathie ; elle fut volontaire. Fialin ne la mettait peut-être en avant lui-même que dans un but intéressé, par prudence, atin de connaître mieux l'opinion de son interlocuteur et de réserver le chef, ou encore sur l'ordre de celui-ci; en ce cas, comme pendant l'entreprise de Boulogne, il existait une consigne. Il fallait laisser une possibilité à toute opinion et que chacun put voir, à son gré, dans le prétendant un citoyen, un président, un consul, un empereur. — Louis-Napoléon évitait d'apparaître avant l'instant propice, il se contentait de le préparer ; il sentait si bien la nécessité de déblayer le terrain cpi'il envoya une lettre à Vieillard en lui disant de la faire reproduire par les journaux. Il y explique ainsi sa conduite : « ...Je n'ai pas voulu me présenler comme candidat aux élections parce que je suis convaincu que ma position à l'Assendjlée eût été extrêmement embarrassante. Mon nom, mes antécédents ont fait de moi, bon gré, mal gré, non un chef de parti, mais un homme sur lequel

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