I. Les journaux. — Lt-spès, Caslilli-, Holjin, etc
bureaux de l'Assemblée un décret de bannissement de la famille d'Orléans, le bruit se répandit assez vite qu'on .voulait éloigner aussi la famille Bonaparte ou, tout au moins, dans celle-ci, Louis-Napoléon. Le prince n'hésita pas. C'était une occasion nouvelle de se rappeler à tous. Récrivit à l'Assemblée : « Londres, le 24 mai 1848. Citoyens représentants, — J'apprends par les journaux du 22 qu'on a proposé dans les bureaux de l'Assemblée de maintenir contre moi seul la loi d'exil qui frappe ma famille depuis 1816. Je viens demander aux représentants du peuple pourquoi je mériterais une semblable peine. Serait-ce pour avoir toujours publiquement déclaré que, dans mon opinion, la France n'était l'apanage ni d'un homme, ni d'une famille, ni d'un parti ? Serait-ce parce que, désirant faire triompher le principe delà souveraineté nationale qui, seule, pouvait mettre un terme à nos dissensions, j'ai deux fois été victime de mon hostilité contre le gouvernement que nous avons renversé ? Serait-ce pour avoir consenti, par déférence pour le gouvernement provisoire, à retourner à Létranger, après être accouru à Paris au premier bruit de la révolution ? Serait-ce enfin pour avoir refusé par désintéressement les candidatures à l'Assemblée qui m'étaient proposées, résolu de ne retourner en France que lorsque la nouvelle constitution serait établie et la République affermie ? Les mêmes raisons qui m'ont fait prendre les armes contre le gouvernement de Louis-Philippe me porteraient, si on réclamait mes services, à me dévouer à la défense de l'Assemblée, résultat du suffrage universel. En présence d'un roi, élu par deux cents députés, je pouvais me rappeler être l'héritier d'un empire fondé sur l'assentiment de quatre millions de Français ; en présence de la souveraineté nationale, je ne peux et ne veux revendiquer
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que mes droits de citoyen français ; mais ceux-là, je les réclamerai sans cesse, avec l'énergie que donne à un cœur honnête le sentiment de n'avoir jamais démérité de la patrie (i). » Cette lettre lut réservée ; elle ne devait être lue à l'Assemblée que le i3 juin. Le vendredi 26 mai, elle ne put donc être efTicace quand le décret de bannissement de la famille d'Orléans vint en discussion. « Quant à la famille de Napoléon, dit le député Vignerte, nous l'admettons provisoirement parce qu'elle n'est pas dangereuse. » Le fils de Jérôme demanda la parole : « Il y a un mot contre lequel je réclame avec toute l'énergie de mes sentiments froissés, c'est le mot de situation provisoire. » On applaudit. Le député Ducoux intervint pour combattre l'assimilation établie entre la famille Bonaparte et la famille d'Orléans : « La famille Bonaparte n'a plus aujourd'hui que la signification d'une valeur historique, elle n'est plus que la tradition d'une glorieuse époque que nous pouvons admirer sans doute, mais que nous ne pouvons avoir la folie de tenter de recommencer. »
La discussion ayant continué sans donner de résultats sérieux, le 2 juin, Piétri dépose la proposition suivante : « La République ne saurait maintenir la proscription prononcée par la légitimité et la quasilégitimité contre la famille Bonaparte qui a expié pendant trente-trois années d'exil la gloire et les malheurs de la France. La révolution de Février a donné raison à la prophétie de Napoléon, et tous les membres de sa famille ont salué avec enthousiasme l'ère nouvelle de la République. Pour eux, comme pour nous, la grande époque impériale ne rappelle plus un trône, mais la puissance et la grandeur de la France... » Le