I. Lespès, Castille, Delord, etc
192 LOnS-NAPOLEON IJONAPARTE
ministre de la Justice, Grémieux, déclare qu'il n'est plus besoin de revenir sur la loi d'exil de 1882 et <]u'elle se trouve abolie par le lait comme par le droit : « La gloire de Napoléon appartient à la France... Tout ce qu'il y a de populaire dans cette gloire, nous l'acceptons avec empressement ; la proscription de sa famille serait pour la France actuelle une honte {Oui ! bis). Déclarer que la loi de i832 a pu survivre une heure au triomphe de nos barricades de Février, ce serait presque commettre un crime ; je demande donc qu'on déclare par un ordre du jour motivé qu'il n'y a pas Heu d'anéantir la loi de iSSa. » Après quelques sentences du général Clément Thomas, le Parlement, par un vote presque unanime, accepte la proposition Piétri, ainsi conçue : « L'article 6 de la loi du 10 avril <le i832 relatir au banissement de la famille Bonaparte est abrogé (i). » Il était naturel, d'après la thèse admise, que les Bourbon et les d'Orléans, représentants d'une dynastie royale, deux fois jugée mauvaise, fussent proscrits : aucun n'avait admis tout le vote populaire ; chacun restait un gouvernement oligarchique. Les Bonaparte constituaient une dynastie démocratique ou encore, si l'on veut, une famille plus ou moins prédestinée qui, aux moments de crise, s'offrait aux suffrages de la nation ; à la nation de décider si elle en avait besoin. Il fallait même que, dans les circonstances présentes, la venue de ces divers Bonaparte éveillât parmi l'Assemblée, à côté de la question des principes, certaines espérances, ou, du moins, l'éventualité de certaines garanties, pour qu'elle eût décidé l'admission. Elle ne pouvait guère ignorer que le prince Louis fut candidat dans le département de la Seine ; en ce cas, ou bien elle ne voyait dans ce fait