I. Le Moniteur, le Journal des Débats, etc
ET LA RÉVOLUTION DE 1848 IqS
que (les velléités irréalisables, ou bien elle se disait, comme le f^ouvernement de l'Hôtel de Ville au début, qu'il existait là un moyen de sécurité en cas de nouvelles collisions. Le sentiment qui domina au Palais Bourbon l'ut sans doute rindiflérence mais, à côté de ce penchant chez quelques-uns, il y en eut un autre ; parmi les députés, en dehors même de ceux qui se trouvaient acquis déjà, certains, dont quelques-uns avaient été à Ham ou à Londres, ou avaient eu des rapports avec les bonapartistes, sans être encore décidés, songèrent qu'il serait bonde compter dans l'aveniravecle prétendant, par raison et par sentiment, par logique et par flair, par intérêt; d'autres portaient en eux, sans s'en douter tout à fait, et sous les étiquettes les plus variées, aussi bien dans la droite que dans la gauche, une graine nai)oléonienne. Les deux extrêmes se touchent, en politique comme ailleurs. Le centre conservait un Armand Marrast de plus en plus républicain, mais que son penchant vers l'autorité pouvait reconduire, au cas qu'il la reconnût impossible pour lui ou pour les siens, dans une circonstance pressante, à Louis-Napoléon. — Toutel'ois, le Gouvernement, renseigné, se demandait s'il n'y avait pas lieu de persévérer dans son inquiétude. Il avait donné l'ordre à ses commissaires de combattre dans le Lot la candidature de Lucien Murât par tous les moyens (i). Il sentait, à ne s'y plus méprendre, qu'il n'avait jamais été populaire et qu'il le devenait moins cha(jue jour. Ses indécisions perpétuelles, ses dissentiments, sa lenteur à prendre les mesures les plus indispensables achevaient de le déconsidérer auprès de tout le monde. Ni le peuple, ni la bourgeoisie ne l'avaient créé ; s'étant installé de lui-même, il