‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 75 sur 149 · Ferrure, Révélntiona, etc · texte numérisé non relu

Ferrure, Révélntiona, etc

2. Certaines de ces alliclies, toutes petites, sont plutôt des prospectus. Il serait trop ionjj de les donner toutes. Celle-ci i)eut servir d<^ modèle : « Candidature de Louis-Xapoléon Bonaparte. — Aux citoyens électeurs de la Seine. — Citoyens, nous avons encore un membre d«î la famille Napoléon, éloijjfué de France. Souvenezvous, citoyens, que c(; ne sont pas les b'i-ançais qui ont exilé le fïiorieux martyr de .Sainte-Hélène, mais les baïonnelles étranjjfères (jui sont venues nous inqioser une lamilie odieuse ((ui a conslammenl travaillé à la ruine de notre patrie.— Ua|>j>elons-nous l(jus les l)ienfaits de Napoléon et sa j,'randeur inlinie. — l{ap|»elons-nous aussi les bienfaits et la },'rand<-ur d'âme de Joséphine la itien-aimée de la France. — Nommons tous Napoléon-Louis Bonaparte, i)elil-lils de Joséphine, neveu du j,'rand Napoléon ; il est dij,'!»! de son oncle par sf»n couraf^e et par ses idées démocratiques. — Lisez VExtinrtinn (lu J'aiipi'-risitii- cpTil a écrit à la prison de llam. J<- suis sûr que vous saurez apprécier son cœur, ses talents et son am.mr du

marchand de tabac (i), et Archaml)aiiU ; un tapissier. Clapier, les dirigeait. « Chacun avait son quartier à faire (2). » — L'état-major (3) central campait chez le bottier Devaux. passage des Panoramas, galerie des Variétés. Persigny et Laity, retournés à Londres et revenus ensemble le 2 juin, aidés de Ferrère, veillaient à ce que les alTiches fussent bien placées ou recollées immédiatement quand on les arrachait; «ils traversaient Paris en tout sens depuis l'aube du jour jusqu'à la nuit (4)- » Ils s'efforçaient que le nom du candidat fut en évidence à tous les coins des ruesqui aboutissaient sur les boulevards ; partout où il manquait, ils en prenaient note, et, le jour même, réparaient l'oubli. « La foule était grande devant ces affiches qu'on lisait avec avidité. M. de Persigny et moi approchions des groupes : nous écoutions les conversations... et nous nous rendions ainsi compte de l'impression qu'exerçait cette candidature inattendue. Dans beaucoup d'endroits, des agents de police et des révolutionnaires arrachaient des affiches... Ne disposant d'aucun journal, nous fîmes aussi imprimer de petites affiches sur papier in-12 que l'on répandait sur les boulevards, dans les rues, dans lescafés, chez les marchands de tabac, etc. » Ils réglaient également la distribution des portraits.

Ces diverses manœuvres ne se passaient pas sans incidents. Les modestes ouvriers du papier électoral et du pinceau à la colle de pâle eurent plus de courage qu'on ne serait amené à le penser aujourd'hui où la lutte en arrive rarement à la passion chez ceux qui

peuple. — Vive la République ! Salut et fraternité. — Damerval, ancien militaire, aujourd'hui ouvrier vannier, 17, à la Halle aux. blés. »

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