‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 77 sur 149 · I. Fcrricre, Révclalions, etc · texte numérisé non relu

I. Fcrricre, Révclalions, etc

a, 3. Id.

IqS LOUIS-NAl'OLÉON BONAPARTE

même que le tapissier, craignant l'intervention de la police, se dégage en laissant prendre les bulletins de vote qu'il tient à la main, et saule dans son cabriolet. Le cocher n'a pas le temps de saisir les rênes ; la voiture est assiégée par la foule qui prie le tapissier de descendre, monte dedans, s'empare de tous les papiers qu'elle contient et emporte Clapier sur ses épaules jusque à la mairie afin qu'il puisse juger par lui-même de l'enthousiasme et de l'ensemble avec lesquels on veut nommer le prince. On renverse l'urne dans laquelle avaient été placés déjà pas mal de bulletins et le bureau recommence l'élection aux cris de « Vive Napoléon ! (i) » — Le mouvement électoral et le mouvement de propagande précédent, mêlés, s'accroissent avec une rapidité inouïe. Aux Buttes-Chaumont, à Belleville, aux Batignolles, des rapports de police signalent que le nom glorieux est accueilli avec une faveur extrême (2). Les uns proposent de nommer le prince colonel de la deuxième légion de la banlieue ; les autres prédisent son arrivée au pouvoir. Sur plusieurs chantiers nationaux, les mêmes sympathies se manifestent. Le 11 juin, on annonce qu'il se fait rue d'Hauteville des enrôlements (3). On affirme que le 48^ de ligne est gagné à sa cause ; on parle d'une « proclamation tumultuaire » en sa faveur. Le mouvement est tel, déjà si fort, si révélateur que, dans la soirée, le prince Jérôme se rend à la présidence de l'Assemblée, au ministère de l'Intérieur et à la préfecture de Pohce pour se porter garant des intentions loyales de son neveu (4). — Persigny, non content d'agir sur les masses, essaie

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