I. Révélations, etc
révolulionnaires théoriques à Caussidière — incapable, malgré ses qualités d'organisateur, du rôle auquel on le destinait — celles des utoi)istes à Pierre Leroux. Les électeurs de Louis-Napoléon étaient amoureux d'ordre, de liberté et d'évolution ; ils voulaient, dans le contlit, un homme capable de réaliser l'autorité tout en maintenant la plus large tolérance ; mais alors que les gens dont les opinions paraissaient semblables dans les classes élevées, par horreur de l'Empire, par crainte du peuple, et doutant que la sincérité du lils d'Hortense fut réelle, élurent Antony Thouret, Thiers ou des candidats du même genre, le peuple des classes moyennes et pauvres, joint à celui des campagnes, sentant que jamais ïhouret ni ïhiers ne pourraient être ses hommes, nomma Louis-Napoléon ; dans ces mômes classes moyennes, ceux qui possédaient le sentiment monarchique lui portèrent aussi leurs bulletins (i). Il y eut, sans doute, équivoque dans plus d'une compréhension, mais il y eut presque partout, principalement chez le peuple, sincérité. Le peuple se montre simpliste quand on lui laisse la possibilité d'être lui-même. Sa nature, en ce cas, s'accommode mal de la politique et, tendant à s'en débarrasser, le pousse à se détinir dans un homme qui, plus ou moins, le résume elle conduit pour le mieux. Louis-Napoléon n'avait pas encore d'adversaires ; du coup, il en brava mille. Ce lut un cri de rage. Cette élection que la France dite intelligente n'avait pas prévue semblait un acte de déti.Les négligents qui ne l'avaient pas redoutée, ou n'y avaient pas cru, avaient admis le sulïrage universel connue chaque parti [)olitique, à condition ([u'il répondit à leurs vœux : ils commencèrent dès lors à l'exécrer — elcontinuèreni,