Garnier-Pagès, déjà cité
France entière. Le nom prestigieux vole de bouche en bouche. Il résume le salut, l'espoir qu'on ne savait plus où découvrir. Ainsi un Bonaparte existe et qui est nommé... « Vive l'Empereur ! » Telle est, dès cette heure, l'acclamation suprême. Un autre cri éclate à côté, bien significatif : « A bas la République ! » Il domine à Saintes, à Fécamp, à Chartres, à Nîmes et à Lisieux (i), appel brutal à la délivrance. — La première fièvre révolutionnaire était tombée ; la révolution avortait chaque jour, ne réalisait rien ; le bouleversement augmentait sans cesse ; on craignait le pire ; on était las, on était à bout. « Tous les esprits semblaient flotter à l'aventure, on s'attendait à des événements redoutables, on s'y résignait d'avance et on ne faisait rien pour les conjurer. On s'alanguissait dans une inertie coupable... Depuis celte époque, nous avons été noyés dans des flots d'amertume et nous avons reçu des blessures dont nous saignerons pendant de longues années encore ; mais je n'ai jamais vu un afiaiblissement égal à celui où sombraient les âmes pendant la période qui sépara le i5 mai de l'insurrection de juin (2). »
Dans l'universel désarroi, Louis-Napoléon devint une ancre de salut pour le peuple qui cherchait en vain à qui s'adresser. La révolution avait fourni à la masse des armes dont elle n'avait su que faire, parce qu'elles étaient encombrantes pour elle, ditriciles à manier ; se découvrant brusquement un sauveur, elle reprenait courage. La révolution de 1848 remettait en vigueur le principe de la souveraineté nationale en lui apportant une extension qu'il n'avait jamais connue. Elle décréta l'élection directe, tandis que la pre-