‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 86 sur 149 · I. Ki'vrlations, déjà cite, a. Idem · texte numérisé non relu

I. Ki'vrlations, déjà cite, a. Idem

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depuis le 24 février (i). » Ne pouvant rien avec le peuple, même avec celui que soldait le gouvernement, Lamartine se retourna vers l'Assemblée. — Elle allait lui manquer de même. Le 10 juin, le député Heeckeren, « sans doute pour sonder la disposition des esprits (2) », interpelle le ministre de la Guerre : selon le bruit qui court, un régiment envoyé à Troyes et reçu au cri de « Vive la République ! » aurait répondu par celui de « Vive l'Empereur ! (3) » Cavaignac commence alors la série de ses indignations. Il affirme qu'aucun récit de ce genre ne lui est parvenu et que le fait est faux. — Le fait était « rigoureusement exact ». Que le général fut mal informé, ou qu'il ait menti, il se déchaîne : « Je voue à l'exécration publique quiconque osera jamais porter une main sacrilège sur la liberté du pays ! » De son côté, l'Assemblée commence la série de ses « Vive la République ! » Nous allons la voir y exceller dans toutes les circonstances difficiles. L'agitation parlementaire, comme celle de la rue, devient extrême et Cavaignac répète avec force : « Oui, citoyens, je le voue à l'exécration publique ! » — Lamartine disparaissait presque de la scène ; deux hommes y montaient, dont l'un toujours éloigné, Cavaignac et Louis-Napoléon, créant deux possibilités de dictature, l'une venant de l'Assemblée, l'autre du peuple, l'une bourgeoise, l'autre populaire et nationale, la première nécessitant un massacre, la seconde entraînant le plébiscite et n'amenant, d'abord, que lui, la première étant bien une dictature, mais une dictature néfaste, la seconde une autorité (4). L'Assemblée se prépare

I, 2, 3. Dan, Stern, t. II, p. 325. — Castille indique Heeckeren comme bonapartiste, t. III.

4. La dictature de Cavaignac fut en effet néfaste, peu contestablement, quand on envisage le massacre de juin et ses résultats. — « Louis-Napoléon qui a eu 84.427 voix est un drapeau qui s'é-

à tenter un coup de force contre la nation. Plus tard, au contraire, par la faute de cette même Assemblée qui aura joint ce jour-là la rébellion à l'incapacité, Louis Bonaparte sera peu à peu conduit vers un coup d'Etat, regrettable sans doute, mais exécuté pour le pays, contre le Parlement. — Le drame commence ici déjà de se dessiner.

Le soir du lo, la Commission Executive et les ministres s'étaient réunis en séance extraordinaire au Luxembourg. Immédiatement, d'un commun accord, il fut décidé de transmettre aux préfets et aux souspréfets le signalement du prince en leur enjoignant de l'arrêter s'il se présentait sur un point quelconque du territoire (i). Une dépêche télégraphique, conçue dans ce sens, fut expédiée en duplicata par les ministres de l'Intérieur et de la Guerre. Le lendemain, elle fut encore confirmée en triplicata par une autre dépêche ordinaire, confiée aux courriers. Cette mesure fut ainsi décrétée sans le consentement de l'Assemblée et la Commission ajouta que la décisionpHse ne seraitlue au Parlement qu'en cas de besoin (2). Le signalement était ainsi conçu : « Agé de quarante ans, taille i m. 70, cheveux et sourcils châtains, yeux petits et gris, nez grand, bouche moyenne, lèvres épaisses, barbe brune, mouslaches blondes, menton pointu, visage ovale, teint pâle. Marques particulières : Tête enfoncée dans les épaules, épaules larges, dos voiité (3). » Les préfets, pour montrer leur zèle, se mirent à lancer des proclamations ; d'autres, plus discrètement dévoués.

lève cl qui voudrait arriver au pouvoir entre les deux autres prétendants, Henri V et le comte de Paris. Les lîonaparte se remuent beaucoup et ont gagné du terrain parmi les ouvriers. » Journal du Maréchal de Castellane, t. IV, p. 77.

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