La Gazette de France, Le Mois, La Patrie, etc
se contentèrent d'écrire au ministre qu'ils allaient rég-ler toutes les mesures nécessaires (i). Ce zèle était plus ou moins adroit; celui que manifesta le préfet du Gard détenait le record de la simplicité : « Les ennemis de la République répandent le bruit que Louis-Napoléon a été proclamé Empereur. Rien n'est plus faux (2). » Le préfet de l'Indre, INIarc Dufraisse, voyait dans les deux cent mille électeurs du prince « quelques hommes égarés, coupables peut-être (3). » C'était l'avis des directeurs; ils résolurent de proposer à rx\ssemblée d'annuler les quatre élections. Pour «tre plus certains d'y parvenir, deux membres de la ■Commission voulaient qu'on enlevât le vote en représentant le prince comme un prétendant. « On eiît étayé cette inculpation du souvenir de Strasbourg et de Boulogne, ainsi que des manifestations auxquelles aurait donné lieu l'élection de la Charente-Inférieure (4)- » Un autre procédé consistait à faire ressortir les vices dont était entachée, assurait-on, cette élection spontanée. La majorité adopta cet expédient. Alors une nouvelle et dernière combinaison fut adoptée, l'Assemblée serait saisie des trois questions suivantes rrLe citoyen Louis-Napoléon Bonaparte est-il Français ? 2° Le prince Louis-Napoléon Bonaparte est-il un prétendant? 3^ Le peuple avait-il le droit d'élire un homme qui n'est pas citoyen français et un prince qui prétend, sous la République, à la couronne impériale? — Etrange interrogatoire. La troisième question empêchait les deux précédentes de rester posées puisqu'elle les résolvait par son arbitraire et n'existait elle-même que si les deux autres se trouvaient ■résolues déjà. Ce texte où l'injustice et l'absurdité s 'a-