Ferrèie, Révélations, déjà cilé
matière récente, déjà un peu refroidie. Lorsque les événements probables à la suite de cette élection auraient réalisé la plus grande part de leurs possibilités, il serait l'heure déparier; l'Assemblée, alors, aurait montré l'ensemble de ses sentiments (i) et, selon toute vraisemblance, le gouvernement aurait augmenté la liste de sa liquidation par une nouvelle maladresse.
Le 12, dès dix heures du matin, des rassemblements se forment dans chaque quartier. Malgré l'aftiche de Piat, le mouvement grossit. Des groupes s'ordonnent, nombreux, aux cris de « Vive Napoléon ! » et s'ébranlent le long des rues, vers les boulevards. De tous côtés, bientôt, sur la place de la Concorde, débouchent les masses prolétariennes. « On leur avait annoncé un événement. Napoléon allait entrer à l'Assemblée, disaient les uns, suivi d'une brillante escorte ; toutes les troupes étaient réunies là pour qu'il les passât en revue, disaient les autres, tant l'idée de souveraineté s'attachait aisément au nom de Bonaparte (2). » Aux abords du Palais Bourbon, la troupe habituelle des jours précédents a été augmentée ; des mesures rigoureuses ont été prises ; les ordres sont formels. Lorsque le général de Négrier commande certains mouvements pour déblayer la place, les cris redoublent : « \i\e Louis Bonaparte ! » ou « Vive l'Eml>ereur ! (3) » A une heure et demie le commandant en
1. Elle en avait déjà montré l'ensemble par le rapporteur Bûchez. « M. Bûchez, chargé de faire le rapport d'une des élections de Louis-Napoléon, a conclu à son annulation. Toute son argumentation se résumait en ces mots : « Nous avons peur. » Journal de Castellrinct. IV, ]). 80.