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de ligne se déploient puis se resserrent en enveloppant le Palais. — Tandis que Lamartine parle, le tambour retentit presque sans cesse et résonne sourdement dans l'enceinte. Le poète, fidèle à sa tactique en quelque sorte idéaliste, nie les discussions du pouvoir, ses désaccords, ses conflits ; il cherche à se concilier Ledru-Rollin et les révolutionnaires: « Citoyens, s'écrie-t il, j'ai conspiré avec Raspail, j'ai conspiré avec Sobrier, j'ai conspiré avec Blanqui, oui. citoyens, comme le paratonnerre conspire avec la foudre, (i) » Le siècle était à la conspiration et l'autorité ne pouvait trouver mauvais que l'on conspirât puisqu'elle en donnait l'exemple. Lamartine agissait comme Louis-Philippe à l'approche des journées de Juillet et pendant celles-ci. La bourgeoisie, quant à elle, ne comprenait plus, et ses représentants encore moins. Blanqui ! Raspail ! Barbes ! . . . Maintenant que ces éclaireurs d'extrême avant-garde devenaient inutiles, leurs noms sonnaient étrangement et le souvenir du i5 mai achevait l'effroi ; les représentants ne voulaient plus admettre que chez ces hommes il y eut au moins une ou deux bonnes idées, malgré tout. L'aveu de Lamartine, qui révélait une conception politique très admissible et, savamment, prudemment menée, excellente, dépassait leur intelligence. Le poète, ce jour-là, se perdit, — entraînant avec lui le décret et la Commission Executive (2). En plus de son appréciation sur Ledru-Rollin qui dévoilait trop de franchise, il avait commencé, le 9 mai, de détruire lui-même son pouvoir aux yeux des intransigeants du centre et de la droite en disant qu'entre lui et Louis Blanc il y avait « des dissentiments plus présumés que réels » ; il était pour-
1. Le Moniteur. — Lamartine, Histoire de ta ré\'olution de iH^S. — Stern, Castille, etc.