‹ Louis-Napoléon Bonaparte et la Révolution de 1848Chapitre 97 sur 149 · I. P. Lacroix, Histoire de Napoléon III, t. III, déjà cité · texte numérisé non relu

I. P. Lacroix, Histoire de Napoléon III, t. III, déjà cité

réduisait la fable du coup de pislolel à ses proportions vi'iitables, c'est-à-dire à rien ; le général avançait même que ce coup de pistolet « était parti par hasard (i) ». L'Assemblée désirait aussi se j)ersuader que le prince ne pouvait pas être réellement dangereux ; dans ce danger, elle prévoyait vaguement une offense. A force de ne pas vouloir admettre sa valeur, ni celle de son nom, elle ne lui en croyait ])lus; à force de parler contre la vérité de l'élection, elle n'attachait plus à celle-ci d'importance. Enfin, comment se résoudre à une mesure décisive dans un milieu fait pour parlementer à l'infini? Le député Degouséc fut l'inlerprcte de beaucoup de ses collègues quand il proposa un amendement tendant à n'exclure que provisoirement Louis -Napoléon de l'Assemblée. « Je me suis servi du mot provisoire, expliqua-t-il, parce que j'espère que sous peu, dans quinze jours ou un mois, l'abrogation complète de l'article 6 de la loi de iS'ia aura lieu. » Ce mot de provisoire, une fois de plus, arrangeait tout. Il contentait au point que Jules Favre admit mal de voir le gouvernement s'en tirer à si bon compte.

Jules Favre détestait Ledru-Rollin ; il n'était pas satisfait de ne pas jouer un rôle dans le pouvoir ; par Aladenize et par d'autres, il avait gardé quelques rapports avec les amis du prince, sans s'enrôler dans leur phalange, et sympathisait avec modéralion, principalement par suite de son humeur conlic les hommes dont se composait son propre parti. Il vit l'occasion de défendre un principe ; il se sentait peut-être, ce jour-là, en verve ; il plaida. « La loi de i832, aux yeux du pays tout entier, vous l'avez déclarée abrogée par votre ministre de la Justice. Le citoyen Bonaparte n'est plus un simple citoyen,

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