‹ Louis-Philippe d'après des documents inéditsChapitre 13 sur 49 · LOUIS-PHILIPPE PENDANT SON PREMIER EXIL · texte numérisé non relu

LOUIS-PHILIPPE PENDANT SON PREMIER EXIL

Gibraltar; et là, le Gouverneur anglais, Sir Hew Dalrymple, leur défend de débarquer. Pour comble d'embarras, le capitaine de leur frégate refuse de les ramener en Sicile, ayant reçu, en quittant Palcrme, cet ordre étrange de son amiral, Sir Alexander Bail.

Cette expulsion des deux Princes est approuvée en haut lieu. Lord Castelreagh écrit le 4 novembre 1808, de Downing Street, à Sir Hew Dalrymple : « C'est avec plaisir que je vous donne l'assurance de l'approbation qu'ont obtenue de S. M. les mesures que vous avez prises dans cette circons ance importante et délicate, l'arrivée du Prince Léopold et du Duc d'Orléans à Gibraltar. »

Le Prince Léopold finit par rentrer en Sicile. Il prit dans la suite le titre de Prince de Salerne; et, s'il était vrai que Louis-Philippe eût voulu lui ravir la couronne d'Espagne, il n'en aurait pas gardé rancune ; car il donna sa fille en mariage au Duc d'Aumale.

Pour le Duc d'Orléans, une année encore se passa en voyages. Voyages en Angleterre, pour obtenir une explication du Gouvernement royal, après cette singulière aventure. APorsmouth il eut la joie de trouver sa sœur Adélaïde accompagnée de deux fidèles amis : Mme de Montjoie et le chevalier de Bréval. Lentement, faisant tout le tour de la France et de l'Espagne, il la ramène à Palcrme. Il repart, ayant obtenu la permission d'entrer en Espagne poui' aller chercher à Figuères Mme la Duchesse d'Orléans. A Mahon, il apprend que cette Princesse est déjà partie pour la Sicile où il s'empresse de la rejoindre. Et enfin, en novembre 1809, devant les survivants do la famille réunis, a lieu le mariage de Louis Philippe et de Marie-Amélie de Bourbon-Sicile, dans l'anlique chapelle normande du Palazzo Reale de Palerme.

L'alïaire espagnole cependant n'était pas terminée. Peu de mois après son mariage, le Duc d'Orléans voit arriver dans sa maison de Bagarila un membre des Corlès : Don Mariano Carnereiro ne vient pas lui olVrir une couronne, mais lui demander, pour l'indépendance, le concours de son épée. We^ié

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d'avoir été expulsé, et pensant n'avoir plus à souffrir de la mauvaise humeur des Anglais, puisqu'il n'accompagne plus un candidat à la couronne, il accepte, et s'embarque sur le navire de Don Mariano, la Venganza, le 21 mai 1810. A Tarragone, le peuple lui fait une ovation : mais il ne veut rien entreprendre sans l'aveu régulièrement donné du Gouvernement, et se rend à Cadix, le 20 juin. Point de réponse pendant un mois. Il se présente au Conseil de régence et se plaint du procédé. Le 2 août, on lui fait entendre qu'on voudrait assurément l'employer, mais que l'ambassadeur anglais Wellesley s'y oppose nettement. Il va, en septembre, à Léon, où sont réunies les Cortès. Deux membres de cette Assemblée, Don Evaristo 'Ferez de Castro et le Duc de Médina Sidonia, sont chargés de lui adresser la même réponse négative. A leur grand regret, ils ne peuvent recourir à ses talents et à son dévouement; le Gouvernement anglais le leur interdit. Tout ce qu'ils peuvent faire est de lui témoigner tous les égards dus à son rang, et de mettre à ses ordres pour retourner à Palerme la frégate de guerre Esmeralda.

L'aventure est intéressante; on verra, trente-six ans plus ard.^le Gouvernement anglais, dirigé par Lord Palmerston, s'opposer avec la même résolution violente à l'influence que Louis-Philippe pouvait acquérir en Espagne.

Quand la Esmeralda ramena le Duc d'Orléans au quai de Palerme, il apprit que sa femme avait donné le jour à un fils. Quelques années de bonheur tranquille, de la vie de famille qu'il aimait, commencèrent alors.

Aucune union ne fut jamais plus heureuse ni plus fidèle. Quelle était alors la Princesse Amélie? Nous ne saurions le dire. Il existe des portraits du Roi Ferdinand et de sa famille, peints vers ce moment en Sicile: ce sont de grosses gouaches à la mode napolitaine, bien loin d'égaler — comme œuvre d'art ni comme document — les belles miniatures françaises d'alors. Ijix ans plus tard, un portrait de la Duchesse d'Orléans est dû au noble talent de Gérard. Mais nous connaissons surtout, par les portraits d'Ary Seheffer,la figure, entourée de

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