LOUIS-PIIILIPPE PENDANT SON PREMIER EXIL
cheveux blancs, de celle qu'il y a trente ans encore quelques vieilles dames de Paris, avec un accent respectueux, nommaient la Reine. Mme de Boigne, qui n'était pas bienveillante, a écrit d'elle ces lignes : « Je ne saurais assez exprimer la profonde vénération et le tendre dévouement que j'éprouve pour Madame la Duchesse d'Orléans. Adorée par son mari par ses enfants, par tout ce qui l'entoure, le degré d'affection, de vénération qu'elle inspire est en proportion des occasions qu'on a de l'approcher'. »
A Palerme, naquirent Ferdinand-Louis-Charles-Henri-Rose, Duc de Chartres, futur Duc d'Orléans, le 5 septembre 1810 ; le 7) avril 1812, la Princesse Louise, qui fut Reine des Belges; et le 12 avril 1815, la Princesse Marie.
Qui songeait alors, dans la petite Cour de Palerme, au trône de France ? L'Empereur d'Autriche accordait la main de sa fille à Napoléon. Et, dans le petit royaume laissé aux Bourbons de Naples, l'avenir paraissait fort incertain. Voici une lettre* écrite par Louis-Philippe à son ami le Vicomte de Chabot.
Palerme. 15 janvier 1812.
« Noire position ici est précaire, nous y soirimos enlourcs d'orages moraux dont on perd l'habitude dans lile heureuse où est Twickenham (Twickenham dont j'aime toujours le souvenir, quelque peu brillante qu'y fut ma position) et dont il est impossible de prévoir ou de calculer les résultats. Aussi je n'y ai pas encore fait d'établissement permanent, Kirchner est toujours à Malte avec mes effets; j'ignore toujours ce que le sort me réserve; et dans tous les sens, soit en. bien, soit en mal, mon avenir me semble toujours plus incertain que jamais. Ce n'est pas dans une position comme la mienne ici qu'on peut offrir à personne de quitter ses goûts, ses amis et le pays auquel il est habitué pour venir s'embarquer en sea of troubles. Nous y sommes aujourd'hui dans une crise terrible. »