Mémoires de La Fayelle
128 LOUIS-PHILirPE.
Il siégea dans cette Chambre, qui vécut en tout dix jours après le discours d'ouverture que prononça l'Empereur, « la voix triste, le visage contracté ». Il y joua un grand rôle. Ecoutons encore le récit du jeune Villemain, que son oncle le député Villemain, de Lorient, a fait entrer dans une tribune, le lendemain du jour où Pans a appris la nouvelle de \\ aterloo.
.... « Un homme de taille élevée et d'une physionomie particulièrement digne et calme est monté à là tribune; et, à ses premières paroles, ou plutôt à son aspect, un silence vraiment extraordinaire s'est communiqué à cette tumultueuse assemblée. J'entendais près de moi nommer tout bas La Fayette; et bien vite, je le reconnus, aux premiers Ions de cette voix que j'avais écoutée, trois mois auparavant, avec tant de surprise et de respect, voix de salon bien plus que d'assemblée, ne se forçant pas, pour s'animer, grave et polie, pour ainsi dire, et, dans la brièveté simple de son langage, ne paraissant imposer que parla raison sans effort, et la dignité sans hauteur'. »
La Fayette a raconté comment sa résolution fut prise. Il reproche à Napoléon d'avoir commencé la guerre « sans avoir la sanction officielle des Chambres », reproche que le plus résolu défenseur du droit parlementaire trouvera peutêtre excessif en un pareil moment!
* Cependant nous espérions, dit-il, que la première bataille serait une victoire qui nous donnerait le temps de nous reconnaître, lorsqu'on apprit que la seule armée proportionnée aux forces opposées avait été déplorablement écrasée. A peine cette fatale nouvelle était-elle confirmée, que je fus averti de l'arrivée de Napoléon, d'une discussion à l'Elysée où il paraissait déterminé à dissoudre les Chambres, à usurper la dictature et tout entraîner dans sa ruine. Je fus m'assurer de ces faits chez Fouché, et ils me furent aussi confirmés par Regnault de Saint-Jean d'Angely, qui arrivait