‹ Louis-Philippe d'après des documents inéditsChapitre 20 sur 49 · Mémoires de Villemain · texte numérisé non relu

Mémoires de Villemain

LES CENT JOURS. l''20

du Conseil de l'Elysée Quel était le projet de Napoléon en voulant disperser ainsi les représentants du peuple, seul point de réunion qui pût encore inspirer la confiance, et s'emparer d'un pouvoir arbitraire qui n'aurait excité aucun mouvemônt national? C'est ce que je ne prétends pas déterminer. Je résolus de défendre la représentation du pays, du moins contre le danger du moment.... »

Il rédigea donc une proposition, qui fut aussitôt adoptée par une Chambre que Napoléon avait crue toute dévouée à sa personne. Voici la proposition :

« La Chambre des Représentants ^déclare que Tindépendance de la Nation est menacée.

« La Chambre se déclare en permanence. Toute tentative pour la, dissoudre est un crime de haute trahison. Quiconque se rendrait coupable de cette tentative sera déclaré traître à la Patrie, et sur-le-champ jugé comme tel.

« L'armée de ligne et la garde nationale, qui ont combattu et qui combattent encore, pour défendre la liberté, l'indépendance et le territoire de la France, ont bien mérité de la Patrie.

« Les Ministres de la Guerre, des Relations extérieures et de l'Intérieur sont invités à se rendre sur-le-champ dans le sein de l'Assemblée. »

Lorsque Napoléon, à l'Elysée, apprit le vote presque unanime de cette décision, il s'écria : « J'avais bien pensé que je devais congédier ces gens-là avant mon départ. C'est fini. Ils ont perdu la France. »

En votant la motion de La Fayette, ils avaient renversé l'Empire. Mais ils n'avaient pas perdu la France.

LOric-PTUT IPPF.

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