Grole's Life of Ary Scheffcr, p
de charme et d'émotion. Il se lève de sa tombe, au passage de la femme qu'il a aimée : toutes celles qu'il a chantées disparaissent dans le lointain comme des fantômes !
La Jeanne cl Arc est une œuvre célèbre; et vraiment on peut oser dire qu'aucune Jeanne d'Arc n'a valu celle de la Princesse Marie.' Non pas celle qui retient son cheval à la vue d'un soldat mort et pleure sur l'horreur de la guerre ; ce n'est là, je le crains, qu'un joli sujet de pendule; mais la Jeanne d'Arc debout, serrant son épée sur son cœur, offerte par le Roi Louis-Philippe à la ville d'Orl|éans, et qui est dans la cour de l'Hôtel de ville.
Ary Scheffer, avec la Princesse Marie, lisait Gœthe, Schiller, Quinet.... Les œuvres ébauchées par elle dans une vie si courte ne doivent pas être oubliées parmi les productions de l'art romantique. Son frère, prématurément enlevé lui aussi, devait avoir avec elle d'intéressantes conversations : il était doué, sinon de talent, au moins d'un goût très sûr et très personnel. Il acheta d'Ingres, la Btratonice; de Delacroix, le Meurtre de févêque de Liège il voulut posséder les premiers paysages de Corot : chefs-d'œuvre que la gloire et le commerce n'avaient pas encore consacrés, et qui ne devaient pas plaire à Louis-Philippe !
Fidèle à ses amis, les libéraux, le Duc d'Orléans recevait, à Neuilly, Dupin, Benjamin Constant, Sébastiani, Casimir Perier. On ne pouvait lui en faire un crime. En somme, les Ultras n'ont relevé contre lui que deux griefs : avoir pris pour bibliothécaire Casimir Delavigne, destitué par M. de Peyronnet, et avoir envoyé sa voiture suivre l'enterrement du général Foy!
A Claremcnt, la Reine Marie-Amélie' aimait à répéter que les plus paisibles et les plus douces années de sa longue existence s'étaient écoulées de 1817 à 1850 : assurément lafièvre des complots n'avait pas troublé cet heureux temps!
Citons encore une lettre à M. de Chabot, quand le Roi Charles X ordonna la dissolution de la Chambre. Cette