Sauf celle du 6 seplerabre
possède dans ses archives du cluUeau de La Grange, je me garde d'ajouter un commentaire. J'ai intercalé seulement quelques autres lettres de Lord Palmerston. La correspondance commence avant que la nouvelle du mariage de la Reine ait éclaté.
Lord Palmerston à Sir Henry Buhver Lytton, ambassadeur à Madrid,
16 août 18 J6
« Jarnac ' et Guizot désirent faire croire que le Gouvernement français et Lord Aberdeen- s'étaient entendus pour que d'un côté la France retirât de !a liste des candidats Montpensier ou tout autre fils de Louis-Philippe, et que, de l'autre, l'Angleterre empêchât le prince Léopold de Saxe-Cobourg d'épouser la Reine. Aucune entente de ce genre n'a jamais eu lieu et ne fut même insinuée, si j'en dois croire Lord Aberdeen, dont la parole est celle d'un homme strictement honorable. Je dis à Jarnac que je ne trouve aucune trace écrite d'un semblable accord; que cela ne cadre pas avec ce que Lord Aberdeen m'a dit à ce sujet, et qu'en tous cas c'est un arrangement que nous ne pouvons pas accepter^ »
Lord Palmerston à Sir Henry Buhver Lytton, ambassadeur à Madrid,
22 août 1846.
« Je ne suis pas persuadé que Christine veuille accepter Enrique, même recommandé par la France et l'Angleterre.
1. Philippe-Ferdinand-Auguste de Rolian Chabot, comte de Jarnac, lils du vicom-le de Chabot, l'aide de camp de Louis-Philippe, né en 1815, lut secrétaire d'ambassade, puis charge d'affaires à Londres de 1844 à 1848. Démissionnaire en 1849: ambassadeur à Londres en 1873, il y mourut l'année suivante.
2. Ministre des AfTaires Étrangères dans le précédent Cabinet, celui de Sir Robert Peel (1841-1846).
"). Lettres de Lord Palmerston. Traduites et pubhées par M. Augustua Craven. Paris, 1879.
'lô'! LOUIS-PHILIPPE.
« 11 n'y a qu'un moyen pour elle d'emporter le mariage Cobourg: c'est d'assembler les Cortès et présenter ce choix comme étant le désir unanime de la Cour, du Ministère et de la Nation. Dans ce cas les objections de Louis-Philippe seraient réduites ànéant et l'hésilalion de la famille Cobourg vaincue'-. »
Lord Palmerston au Comte de Jarnac
27 août 1846.
« Mon cher Comte,
« Comme nous nous sommes entendus avec vous pour recommander à la Reine d'Espagne de prendre pour époux un Prince espagnol, j'ai le ferme espoirque vous voudrez bien aussi, d'accord avec nous, recommander le seul Prince espagnol qui soit capable d'assurer à la Reine la paix et le bonheur domestique. C'est là une considération que nous ne devons pas perdre de vue ; et à laquelle le Roi des Français, parent de la Reine Isabelle, ne peut manquer d'attacher une grande importance. Lajeune Reine n'éprouve aucune antipathie à l'égard de Enrique^qui, sans être un modèle de toutes les perfections, est encore acceptable. Mais elle n'éprouve que de l'aversion et du dédain pour don Francisco' dont les mérites personnels ne sont assurément pas de nature à attirer l'amour ou l'admiration. Je tiens ceci de gens impartiaux connaissant l'Espagne et Madrid et n'étant ni progressistes, ni diplomates.
Nous savons que votre influence est grande à Madrid, et que votre Gouvernement peut beaucoup, sinon ,tout, pour régler cette affaire. Je pars à l'instant pour Osborne, où nous tenons Conseil, pour régler les termes d'un court et assez
1. Lettres de Lord Palmerston, traduites par M. Augustus Cravea.
2. Don Enrique de Bourbon, duc de Séville. 5. Don Francisco d'Assise, duc de Cadix.
LES CAUSES DE LA RUINE. '25o
pauvre discours destiné aux Commissaires qui demain doivent convoquer le Parlement au nom de la Reine. « Sincèrement à vous,
« PaLMERSTON'. a
Lord Palmerston à Sir Henry Bulwer Lytton,
•26 août.
« Pour ce qui nous regarde, le plus important est d'empêcher Montpensier d'épouser l'Infante, Il importe peu qu'Isabelle épouse Cobourg, Enrique ou Francisco, si ce n'est que ce dernier est un imbécile absolu, aussi bien qu'absolutiste et que nous voudrions que l'Espagne eût autant de sens et d'esprit que possible à l'Escurial. Un mari absolutiste passerait son temps à tâcher de renverser la Constitution en s'appuyant sur la France. Par conséquent nous désirons Enrique et ne pouvons recommander Francisco.... »
Le 28 août éclate un coup de théâtre : M. Brcsson, notre ambassadeur à Madrid, adresse à M. Guizot la lettre suivante:
« La jeune reine Isabelle a donné son consentement à son mariage avec le Duc de Cadix. Elle a fait appeler ses Ministres pour leur signifier sa volonté, à laquelle ils ont acquiescé à l'unanimité et sans discussion. La Reine les a en môme temps informés qu'elle donnait sa sœur en mariage à M. le Duc de Montpensier et que sa volonté était que les deux mariages se fissent promptement —autant que possible le môme jour. »
Quelques jours se passent et Lord Palmerston envoie au Comte de Jarnac cette lettre irritée :
Penzance, 6 septembre 1X46.
Mon cher Comte de Jarnac.
€ J'ai reçu avec des regrets bien sincères les nouvelles que vous m'avez communiquées par votre billet du 2, et que j'avais déjà apprises par une lettre de Lord Norraanby.