‹ Louis-Philippe d'après des documents inéditsChapitre 41 sur 49 · Aixhives de La Granice · texte numérisé non relu

Aixhives de La Granice

25 i LOUIS-PHILIPPE.

« Au sujet du mariage delà Reine d'Espagne avec rinfant don Francisco, vous savez déjà ce que j'en pense; et je me bornerai pour le moment à dire que c'est du moins une consolation pour nous de savoir qu'on ne peut pas reprocher au Gouvernement anglais d'avoir prêté la main à cet arrangement.

« Quant au mariage projeté entre l'Infante et le Duc de Montpensier, cela est pour nous une affaire beaucoup plus grave; ce serait, on n'en peut douter, un événement de fort mauvais augure pour les relations futures entre l'Angleterre et la France.

« Je ne vous parlerai plus d'entente cordiale, parce que ce qu'on nous annonce, par rapport aux affaires de l'Espagne ne nous prouve que trop clairement que Tonne veutplus à Paris ni de Cordialité ni d'Entente, mais la base de la Politi4[ue du Gouvernement anglais d'aujourd'hui et de demain, comme de celui d'hier, est et sera amitié aussi étroite que possible entre la France et TAngieterre. Mais l'amitié a ses conditions d'existence.

« Vous me direz peut-être, et ce n'est pas moi qui le nierai, que les peuples n'ont pas de cousins, que toute chose a sa valeur, qu'on ne peut acheter trop cher l'amitié de son voisin, et que le mariage projeté pour le Duc de Montpensier assurerait à la France des avantages politiques en Espagne ({ui lui serviraient de compj^nsation bien ample, et au delà, i)Our la perte de l'amitié de l'Angleterre. Eh bien, moi qui Tcrois que bonne amitié et bonne entente entre nos deux pays coTlribueraientà la longue plus efficacement au bien-être des deux, que tous les projets d'ambition, que l'un ou l'autre des deux Gouvernements pourrait se former; moi, je vous répondrai que je doute que ce calcul soit juste.

« Mais ce dont je ne puis douter, c'est que ce calcul se fonde sur des prévisions pour l'avenir dont la prolongation serait remplie de malheurs pour les deux pays.

« Je suis encore pour deux ou trois jours courant les mers dans la flottille royale, mais je tâcherai d'avoir un enlretieij

avec VOUS à Londres sur celle affaire importante vers la fin de celle semaine ou au commencement de la semaine prochaine.

« Tout à vous,

« Signé : Palmerston. ' »

Particulière.

Le Comte de Jarnac à Lord Palmerston

Londres, le 9 septembre 1840.

€ Mon cher Lord Palmerston,

Je reçois votre lettre de Penzance du C^ septembre. Je crois devoir la transmettre à Paris, tout en regrettant bien vivement qu'une communication pareille ei aussi imprévue pour moi, ail suivi de si près la reprise de nos relations. Sans pouvoir partager les appréhensions que vous me témoignez, j'attends avec une véritable impatience l'occasion de vous revoir, que vous voulez bien m'annoncer. Vous savez avec quelle franchise je vous ai dès l'abord signalé la gravité clu changement survenu -dans la politique du Cabinet anglais à l'égard de l'Espagne et de la France. Il en sera de même aujourd'hui et toujours, mon cher Lord Palmerston, car assurément, les vues et les sentiments indiqués dans votre lettre, n'ont jamais pu être un instant ceux du Roi et de son Gouverneraent, ni les miens.

« Au revoir doué au plus tôt, et mille compliments empressés.

« Signé : J- ».

Mais Palmerston repousse ces avances amicales. Il s'est fait envoyer, le i 1 septembre, par un dij lo nale fort érudit, M. W. Ilervey, secrétaire ii l'ambassaile de Paris, un mémoire où il est question du traité d'Utrecht, de la renon-

1. Lettres de Lord Pdlincrslon, Iraduiles par M. Augustiis Craven.

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