‹ Louis-Philippe d'après des documents inéditsChapitre 44 sur 49 · ÇIQ LO LIS-PHILIPPE · texte numérisé non relu

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du public européen. Je ne Jési.'c rien tant qu'une publicité complète et générale. Complète, quant aux choses; générale, quant aux personnes. J'espère qu'elle ne nous manquera pas.

« .... Pour les renseignements qui arrivent d'Espagne, rapports authentiques, récits de voyageurs, journaux, nouvelles de toutes sortes, tout atteste qu'en ce moment les agents anglais y poussent ardemment à l'insurrection, à la lutte violente des partis, à la guerre civile. Là où ils résident, là où ils arrivent, ils demandent si une révolution n'éclate pas. Ils s'étonnent qu'elle n'ait pas encore éclaté; ils annoncent qu'elle a éclaté ou qu'elle est sur le point d'éclater ailleurs, hors d'Espagne; les émigrés espagnols de tous les partis, progressistes ou absolutistes, témoignent, affichent la confiance que leurs tentatives auront l'appui, sinon avoué, du moins certain de l'Angleterre.

« Je ne sais pas, je n'examine pas jusqu'à quel point ces rapports sont fondés ou non. Les apparences sont telles qu'en Espagne, et chez nous, la conviction de la réalité de faits est générale et en pareille circonstance une conviction générale produit à peu près les mêmes effets (jue la réalité.

« Ainsi, au moment oùl'Espagne commence à respirer des révolutions, au moment où la Monarchie constitutionnelle commence à s'y atïermir, au moment où l'activité, la propriété, la civilisation commencent à s'y relever, voilà l'Espagne de nouveau livrée à un redoutable travail de provocation, de conspiration, de révolution et d'anarchie!

ï Et pourquoi? Parce qu'une Infante, héritière éventuelle delà Couronne d'Espagne, épouse le quatrième fils d'un Roi, qui depuis seize ans, à travers les difficultés et les luttes continuelles, avec une fermeté et une fidélité inébranlables, a pris les bonnes relations, la bonne intelligence avec l'Angleterre pour base de sa politique ! Parce qu'il a une chance que des descendants de ce Pioi siègent un jour sur le trône d'Espagne pendant que leurs cousins, à je ne sais quel degré, occu. peront le trône de France, sans que jamais les deux trônes puissent être confondus et réduits à un seul!

LES CAUSES DE LA RUINE. 2 il

« Je le demande à l'esprit droit et élevé, au cœur juste et généreux de Lord John Russell : est-ce là une œuvre digne de lui et d'un gouvernement dont il est le Chef? Est-il digne de lui, envers un pays si longtemps désolé par les révolutions et pour un mclif si lointain et si incertain, d'être ou seulement de paraître, de se laisser croire le provocateur de nouvelles crises révolutionnaires ?

« Pour mon compte, je ne puis pas, je ne veux pas croire qu'il en soit ainsi. Je ne veux pas renoncer à nos belles espérances d'un travail commun, d'une influence commune de la France et de l'Angleterre au profit des Nations que l'Angleterre et la France ont devancées dans la earrièra de la civilisation. Je ne veux pas admettre, à moms d'une évidence matérielle, que cette honorable et salutaire action commune de nos deux Gouvernements, dans le monde, soit étouffée et remplacée par un retour vers le vieil esprit de jalousie et de rivalité aveugle*. »

M. Guizot à Lord Aberdeen.

* 6 novembre 1846.

« Plus d'unefois, depuis quelque temps, la Reine Christine, pour se décider à conclure le mariage de la Reine Isabelle avec un descendant de Philippe V, soit le Comte de Trapani, soit un autre, nous avait demandé que le mariage du Duc de Montpensier avec l'Infante fût aussi conclu, immédiatement et simultanément.

« Elle nous avait même proposé de conclure le mariage du Duc de Montpensier avec l'Infante tout de suite, et avant la conclusion de celui de la Reine. Nous nous y étions absolument et constamment refusés, par respect pournos enlretiens et nos engagements du Château d'Eu.

« La Reine Christine en avait pris beaucoup d'humeur et s'était tout à fait éloignée de nous. Elle avait complètement

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