‹ Louis-Philippe d'après des documents inéditsChapitre 45 sur 49 · Archives de La Grange · texte numérisé non relu

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abandonné le comte de Trapani, se défendant môme de l'avoir jamais voulu, et rejetant sur nous seuls cette candidature. Les lettres publiées à ce sujet dans les journaux espagnols par son secrétaire don Rubiode... en font foi. Elle avait en même temps offert la Reine, sa fdle, au prince Léopold de Cobourg.

• î< Ainsi la Reine Christine, aliénée de nous par notre refus de consentir au mariage immédiat du Duc de Montpensier avec l'Infante, et poursuivant, de l'aveu et avec la connivence de Bulvs^er, le mariage du Prince de Cobourg avec la Reine, voilà où nous en étions à Madrid, quand vous êtes sorti des Affaires.

« C'est au milieu de cette situation, dans cette crise de la question, que votre successeur arrive et fait trois choses. Il adresse à Bulwer, que vos instructions n'avaient pu suffisamment contenir, des instructions qui admettent officieîlement la candidature du Prince Léopold de Cobourg au même degré et de la même manière que celle des deux (ils de François de Paule, sans la moindre objection ni observation, en annonçant que le Gouvernement anglais adhère d'avance au choix qui sera fait à Madrid entre ces trois candidats.

« Il adresse à Bulwer ces instructions sans aucune entente, sans la moindre communication préalable entre nous; et quand Jarnac lui demande si elles ne pouvaient pas être un peu reconsidered, il lui répond que non, car elles sont parties.

« Enfin il reste plus d'un mois sans répondre à la proposition que je lui avais spontanément adressée, d'agir décidément à Madrid en faveur des deux fils de François de Paule et pour que la Reine choisisse entre eux.

« Evidemment j'ai pu tout craindre. J'ai dûagir efficacement pour échapper au danger prévu dans le Mémorandum du 27 février, et en usant de la liberté que nous nous y étions réservée.

« Que Lord Palmerston voulût réellement encore le mariage Cobourg, qu'il le recommandât ou non au Gouvernement Espagnol, cela nous importait peu. C'était le fait même de ce

mariage que nous étions, comme nous l'avions dit d'avance, décidés à ne pas accepter, quel qu'en fût lepreraier et véritable auteur. Or il y avait à Madrid des influences, des volonté^ décisives dans la question et qui, à raison de notre refur de consentir au mariage immédiat du Duc de Montpensier avec l'Infante, poursuivaient activement le mariage du Prince de Gobourg avec la Reine, et à qui la position prise, le langage tenu par Lord Palmerston suffisaient pleinement pour qu'elles crussent pouvoir le conclure.

« Sans Tiul doute, si nous avions persisté dans notre refus de consentir au mariage immédiat du Duc de Montpensier, il y avait une chance immense, à peu près certaine, imminente que la Reine Christine et le Gouvernement espagnol se prononceraient décidémenten faveur du mariage Gobourg; et ce choix une fois fait, l'Angleterre, qu'elle l'eût recommandé ou non, l'aurait accepté et se trouvait par la position qu'elle avait prise en droit de l'accepter.

et Le devoir le plus clair, la prévoyance la plus simple me prescrivaient ma conduite....

« GuizoT*. >

Voici deux documents encore, une lettre de Louis-Philippe, une page des souvenirs de Tocqueville, qui mettent en lumière le caractère du Roi, et montrent la crainte qu'ins piraient les rancunes de Lord Palmerston. A la violence de ce Ministre, le Roi oppose la sagesse de lord Aberdeen. Mais nous venons de voir, par une lettre de lord Aberdeen à M. Guizot, que ses sentiments à l'égard des mariages espagnols étaient les mêmes que ceux de son bouillant successeur au Foreign Office, bien qu'exprimés en termes plus mesurés.

La lettre du Roi est adressée à M. Guizot.

Saint-Cloud, lundi malin, 15 novembre ltii7. « Mon cher Ministre, j'ai mis au courant, par une longue veillée, vos lettres et dépêches et tout cela va partir.

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