‹ Louis-Philippe d'après des documents inéditsChapitre 46 sur 49 · Archives de La Grancre · texte numérisé non relu

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« Je suis plus que satisfait de tout ce que fait et dit le Duc de Broglie à Londres, j'en bénis le ciel. Il est l'homme de la chose et du moment. Je partage entièrement son opinion et la vôtre, sur l'attitude à prendre et le langage à tenir sur les nouvelles attaques que nous prépare lord Palmerslon. Je n'a^ pas besoin de vous dire, combien elles ajoutent à mes regrets de la retraite de lord Aberdeen, et quoique j'espère qu'il en est lui-même bien persuadé, je voudrais bien que vous pussiez le lui faire savoir de nouveau. La lettre si judicieuse e'' si loyale que je viens de lire me fait senlir profondément et ce que nous avons perdu, et ce que nous avons à craindre d'un homme aussi hostile et aussi habile à fourvoyer l'opinion de son pays. La paix du monde et la garantie contre l'esprit révolutionnaire n'ont pas de meilleure garantie que des ministres comme lord Aberdeen et vous, et des ambassadeurs comme le duc de Broglie. Mes vœux et mon appui ne leur manqueront pas.

« Bonjour, mon cher Président.

« Signé : L. P^ »

Vers le même moment, à la fin de l'année 1847, M. de Tocqueville demandait au Roi une audience. Il était alors, nous dit-il, Directeur de l'Académie française. Gomme il prenait congé, le Roi le retint et le pria de parler de l'Amérique.

« Je le connaissais assez, observe Tocqueville, pour savoir que cela voulait dire : je vais parler de l'Amérique. Il en parla, en eflet, fort curieusement et fort longuement, sans que j'eusse la possibilité ni même le désir de placer un mot : il m'intéressait réellement. Il peignait les lieux comme s'il les voyait; il se rappelait les hommes distingués qu'il avait rencontrés il y a quarante ans, comme s'il les avait rencontrés hier.... D'Amérique, sans souffler il revint en Europe, me parla de toutes nos affaires étrangères ou intérieures avec un abandon incroyable, car je n'avais nul droit à sa confiance.

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