Mémoire de La Fayette. Vol
pendance qui est si contraire aux principes militaires.... » Le 8 août, Jean Debry propose la mise en accusation de La Fayette. Un grand nombre de députés protestent, et sont à la sortie injuriés, menacés, assaillis à coups de pierre. Le lendemain 9, l'Assemblée déclare qu'elle n'est pas libre. Ce qui n'est que trop vrai, et le 10 éclate la Révolution nouvelle, a La journée du 10 août, écrit La Fayette, marque le passage de la Révolution constitutionnelle à la Révolution conventionnelle, de l'ère de la liberté et des bons principes, à Tère de la terreur et de l'incivisme* ».
Pétion s'est vanté, dit-il encore, que lorsqu'on entreprit le 10 août « il n'y avait que cinq hommes en France qui voulussent la République » *. Et le Girondin Soulavie a prétendu ^ que « 5000 ouvriers ont fait la Révolution du 10 août contre tout le Royaume des Feuillants, contre la majorité de la capitale et de l'Assemblée législative »....
La Fayette aurait pu aisément « se rapprocher des chefs du parti usurpateur » . Il repousse de haut cette pensée que lui a proposée Kersaint, commissaire envoyé avec Antonelle et Peraldi, pour l'arrêter à Sedan. Il a commencé par les arrêter eux-mêmes. Desrousseau, maire de Sedan, toute la ville, toute l'armée sont à lui.
Qu'espère-t-il? Non point marcher sur Paris. 11 n'en fut jamais question, même après le 10 août. Mais provoquer « une espèce de Congrès des départements unis », pour la défense des lois. Cet espoir ne dura pas. Peu de départements se montraient résolus comme celui des Ardennes, et les Jacobins faisaient régner partout la Terreur. Condamné le 19 aoûl, il prend d'abord avec un calme parfait les mesures les plus minutieuses pour la sûreté de ses troupes. Son successeur trouvera tout en ordre. Puis il part avec des amis fidèles et condamnés comme lui : Bureaux de Pusy, les deux Latour- Maubourg, quelques autres de ses anciens officiers de la