INTRODUCTION. XIII
Dieu, non ! Ils savaient fort bien que la mission de la chambre des députés était épuisée le jour où les 221 avaient placé le pouvoir exécutif provisoire dans les mains du lieutenant-général; ils étaient convaincus que le droit de réformer la constitution du pays, de refondref un des trois grands pouvoirs législatifs , de prononcer sur le sort de la magistrature de Charles X , d'organiser la garde nationale et l'armée, de faire des lois municipales et de créer un roi , n'appartenait qu'à une assemblée nationale. Mais ces hommes de bien savaient aussi qu'à côté du danger de méconnaître les principes de tous les temps , est le danger, plus grand quelquefois , de se méprendre sur l'esprit de l'époque où s'opèrent les révolutions. Or l'esprit de 1800 était fixé. C'était une époque de transaction sur procès, d'enthousiasme et d'abandon. Une confiance irréfléchie et soudaine comme la révolution elle-même était partout. Trois jours avaient suffi au peuple pour reconquérir la plénitude de sa souveraineté , et les enchantemens du triomphe ne laissaient , pour ainsi dire , plus de place aux réflexions et