XIV INTRODUCTION
aux méfiances. Enfin , la France , dont la générosité s'enflamme si facilement, n'apercevait plus d'un côté qu'un prince peu étudié et avec lequel elle rêvait la vérité du gouvernement républicain logé dans la monarchie; de l'autre, le vertige de 1 790 prêt à saisir encore les esprits. Telle était l'idée fixe qui possédait la France aux premiers jours d'août. Delà ce caractère vague et douteux de la volonté nationale , de là l'absence de toute action énergique du peuple vainqueur sur la nature du pouvoir à instituer, de là , enfin , ce rapetissement général et subit des événemens et des émotions révolutionnaires. Un homme s'offrit qui promettait d'introduire l'ordre et la liberté dans la force , et l'on se précipita sur cette combinaison du hasard comme sur un bien inespéré ; et tout resta obscur, incertain , autour du berceau de la révolution. On eût dit que la France venait de recevoir une impulsion et rien de plus.
Le dirai-je? oui , car il y aurait faiblesse et danger à le dissimuler : l'assentiment des Parisiens à l'investiture royale du duc d'Orléans fut avant