‹ Louis quinzeieme et seizeiemeChapitre 11 sur 40 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Les Calüs. — Voltaire a aiTranchi les protestants. 1761-1764.

L’éclat contre les Parlements vint du point d’où nul à coup sûr n’aurait cru pouvoir l’attendre. Il vint du peuple oublié dont toute la France semblait avoir détourné ses regards, d’un inonde oliscur qui tachait de ne plus être aperçu, qui n’occupait plus personne, du triste monde proloslant qui vivait dans le Midi à peu près comme en Espagne les restes terrorisés des races Mauresque et Juive.

Y avait-il des protestants? Non, pas un devant la loi, mais des Nouveaux convei’tis. Mensonge atroce qui tenait ces populations tremblantes dans le désolant supplice d’avoir deux vies : l’apparente, de demi-hypocrisie ; — et la vie secrète et cachée qui, aux grands moments solennels,

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baptême, moit et mariage, les replaçait dans le péril, les jetait dans l’aventure, le roman nocturne et furtif des assemblées du Désert. Vieilles carrières, antres, cavernes, les lieux sauvages et désolés, d’horreur biblique, cetle poésie ne faisait pas peu pour maintenir ces Ames sombres dans le culte de leurs pères.

Du séminaire de Lausanne, incessamment, en Languedoc, venaient de jeunes ministres pour témoigner de leur foi, prêcher au Désert, mourir. Rien n’irritait davantage les catholiques et le clergé que cette perpétuité de martyrs, qui, aux dépens de leur vie, démentaient si haut le meusonge, disaient : « Vous avez beau faire. Il y a un peuple protestant. »

On en prenait. On eu pendait. On ne prenait pas Rabaut, qui, cinquante années, en long, eu lai'ge, par le Languedoc, et surtout autour de Nîmes, errait librement, prêchait. Le pis, le plus irritant, c’est que les autorités, intendants, etc., reconnaissaient que c’était surtout à lui qu’on devait la tranquillité du pays. Hors le culte, en toute chése, il prêchait l’obéissance L

' Dans CO chapitre je suis partout renseigné, soutenu , par le Caltis de M. Coquerel fils, un Tcritabic chef-d'œuvre, auquel on ne peut reprocher qu'un eicès de modération. Mais que de choses je supprime, et comhien je suis privé de ne pas dire ce que je dois & son oncle, l'auteur des Églises du désert, i notre savant M. Ilaag, i notre éloquent Pe\rat, li M. Read, au trésor de son Bnlletin historique du protestantisme !

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