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Cochu les connaissait aussi bien que moi. Il ur longtemps que nous ne nous étions vus.
e là, une verse de questions, la plupart laissées sans réponses, les banalités du l'accolade. Quand le calme fut rétabli, on parla de politique, cela va de soi, des amis de Ja ville, des
derniers juges appelés sur le banc, des morts les plus fraiches, des petits scandales et des mariages, Deux onu trois cigares enfumèrent ces cogs-à-l'âne, qui remplirent deux bonnes heures de la veillée,
Nous nous reverrons demain, nous dirent nos Amis en nous souhaitant le bonsoir.
Pardon ! leur répondis-jé, pas moi du moins, car je quitte par le train de huit heures, je me rends à Rimouski,
Là dessus, s'élèvent des récriminations, des protestations à n’en plus finir. ‘ Tu vas rester | Il faut que tu restes, Ah ça! pas de blague.
C'est la première fois que tu viens à la Rivière du Loup et tu partirais sans la voir ? Tu n'as pas vu Cacouna, non plus? Eh bien, tu vas rester et demain nous descendrons tous les cinq à Cacouna ! C'est entendu, dis? Leurs offres me paraissaient si franches, si cordiales, que je ne pus y résister, et je consentis à rester.
De bonne heure dans la matinée du jour suivant, cinq hommes chaudement engoncés dans des capots de fourrures, montés dans deux traineaux enlevés par de vigoureux chevaux, filaient grand train sur la ronte qui mène de la Rivière du Loup à Cacouna. La distance entre ces deux endroits, environ sept milles, fut parcourue dans un crac. Cependant, les chemins étant malaisés, conpés de pentes, creusés en cahots, la neige rude criant sous la ferrure
des sleighs, les chevaux étaient en nage lorsqu'ils débouchèrent en face de l'hôtel St-Lawrence, à Cacouna.
Le temps de jeter des peaux de buflle sur le dos des chevaux fumauts, et 7oilà nos cinq voyageurs que vous reconnaissez Sans peine s’'avançant vers l’hôtel,en battant dru la semelle pour se dégourdir les pieds. À la porte se tient un petit homme d'une quarantaine d'années, le gardien évidemment, à l'airsoupçonneux, plein de sa dignité et de ses droits, laid avec cela comme un singe.
Bonjour Monsieur, dit Alexandre, le plus dissert du groupe : nous permettriez-vous d'en trer nous chauffer quelques instants ?
I don't speak french, sir, répondit le petit cerbère, d’un ton rogue, en serrant plus ferme, de sa main droite, la poignée de la parte, montrant ainsi son intention évidente de nous refuser l'hospitalité.
Don't you know me Pat ? dit alors Benjamin, À en lui glissant dans la main, une pièce qui fit tomber le joquet de la porte comme par enchantement.
Nous pénétrons dans un petit salon propret, bien meublé, dans lequel un poële grondait ‘comme un chien auquel on veut enlever un 08. | Tout cela est très bien, dit Cochu, mais je A suis gelé de fond en comble, j'ai la peau des & mains en bazane et les pieds dans uri étan de PS glace ; il me faudrait autre chose que la chaleur du poële pour me réchauffer.
‘ Ah çà bonhomme, pourriez- vous nous servi | quelque chose de chaud à boire ?
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—1 don't understand french, répond le gardien, avec impatience.
— Avez-vous du gin, du whisky, ou du brandy?
—Oh no Sir, no; no, nothing of the sort, no ! no ! no ! s'écria le petit homme, sur le ton le plus scandalisé.
Là dessus, Cochu lui présente un billet d'une piastre, croyant par là trouver la clef de la cave, comme Benjamin avait trouvé celle de la porte : mais le petit homme lui repoussa la main avec indignation, presqu'avec mépris.
—Diable ! pourquoi nous avez vous conduit dans ce repaire ? reprit Cochu. S'il n’a rien à uous faire prendre, prenons au moins la porte, et allons crever ailleurs.
Si nous visitions l'hôtel, avant de partir ? proposa alors Benjamin, Tiens, Montpetit, tu jouerais peut-être une partie. de billard ? il y a ici, deux excellentes tables de billard.
Volontiers, répondis-je, conduis-moi, je te suis.
—(C'est bien, allez, tous deux, reprirent nos amis, nous conuaissons déjà l’hôtel, nous restons ici, nous autres.