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venue. Nous échangeons une poignée de mains : il nous présente à Madame Dionne, Vous connaissez ces messieurs, nous dit-1l, en indiquant nos trois amis rangés à sa droite, auprès de la table. Et voilà mon fils.
—Tiens Georges! dis-je à ce dernier, qui après avoir ouvert la porte était resté inaperçu derrière nous: Je suis heureux de te voir: tu es en bonne santé n'est-ce pas ?
—Merci Monsieur..….Montpetit..…..et vous ?
me répondit-il d’une voix émue, en me serrant nerveusement Ia main, Il nous avança des sièges et s’assit à ma droite.
La conversation s'engagea comme de coutume, sur le beau temps, les chemins, les chevaux, puis on passa à la politique, et naturellement il fut question de l'expulsion de Riel, l'événement du jour.
Vous connaissez bien le Nord-Ouest ? dit M.
Dionne, le père, en s'adressant à moi.
—Je le connais un peu: j'ai lu [a plus grande partie des rapports et des ouvrages publiés sur ce territoire. Les débats de la chambre et les rapports des comités durant les dernières sessions nous renseignent parfaitement sur l’état et la valeur du pays.
—Dans tous les cas, vous êtes allé au Nord.
Ouest, n'est-ce pas ?
—Pardon, monsieur, ce que je sais du Nord- Ouest, je l’ai appris dans les livres, les documents officiels et les journaux, pas ailleurs.
Un sourire d’incrédulité du vieillard accueillit ma réponse, et il continua de me questionner sur Winnipeg, la Rivière Rouge, l’Assiniboine, la Saskatche wan, la Rivière de la Paix. Voyant qu'il y prenait plaisir, je fis de mon mieux,
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pour lui raconter les mœurs de la Prairie, ses richesses, les événements politiques dans les uels Riel, Monseigneur Taché, Lépine, Clarke, donohue, Scott et autres ont joué des rôles divers. Je lui parlai des bois, des lacs, de chasse, de pêche, en mêlant quelques anecdotes à mon récit. Je tins ainsi le dé de la conversation pendant plus d’une demi heure, Mes compagnons m'engageatent à poursuivre (ah! s1 J'avais deviné la malice de leur encouragement!) mais Georges se penchant vers moi, me pria de le suivre dans une pièce voisine.
Il avait un mot à me dire.
Je le suivis sans résistance Par son œil noir ensorcelé.
Dans une première pièce, il me fit. voir des portraits de famille, la plupart des croûtes avec des cadres dorés, Nous passàämes daus une seconde, dans une troisième pièces toutes meublées simplement, mais d’une propreté exquise. Georges me précédait. Arrivé dans une quatrième pièce, étroite, n'ayant de jour que par un carreau au-dessus de la porte, il s'arrêta et se tournant vers moi, il me saisit les deux mains.
—“ On ne nous entendra pas, ici, me dit-il d’une voix tremblante d'émotion, je puis parler sans crainte, laisser déborder mon cœur.
Je sais tout! ah quel bonheur! Jamais je n'ai été aussi heureux que tout à l’heure, lorsque Benjamin n’a appris que vous étiez ici, et que vous veniez nous rendre visite. Mon père en est ravi, ma vieille mère qui ne monte pas les escaliers une fois tous les ans est devenue soudainement alerte pour accourir vous Voir. Oh ! merci! merci!
—Mais mon cher Georges, tu deviens fou ou bien. …
—Fou ! oui fou du plaisir que vous nous faites. Je vous le dis en vérité: votre présence a produit ici des miracles, quand je vous dis que ma mère à demi paralysée a retrouvé ses jambes de vingt ans: que mon ‘père qui aime pourtant bien l'argent m'a livré la clef de sa cassette, en me disant : * Puise, épuise-la s’il le faut pour son service." Pour moi, vous avez mon cœur, et je vous offre mon sang, et celui de 30, de 50, hommes si vous le désirez, qui vous accompagneront, prêts à mourir jusqu’au dernier avant qu'on touche à un cheveu de votre tête.
—Oh la! la! qu'est-ce que tu. me chantes, mon pauvre Greorges ? Calme-toi, de grâce !
est-ce qu- tu ne me reconnais plus? As-tu oublié ton vieil ami Montpetit que tu connais depuis dix ans, qui te prodiguait des soins, il y a encore un mois à peine, lorsqu: tu as ‘été malade au Mountain Hill House ? Je suis pourtant bien le même et c’est le seul plaisir de te rencontrer qui m'a amené ici.
Qui! oui! c'est bien, c'est cela! je sais tout. Acceptez mes offres et vous verrez si je suis sincère. fi
— Puisque tu esinguérissable, jentends qu’au moins, tu ne m'accuses pas plus tard de t'avoir trompé. En galant homme; je t'affirme que je suis Montpetit, et je regrette que itume: prennes pour nn autre Tn m'entends bien, n’estce pas.? Je te répète pour la troisième fois, que je suis ton ami Montpetit, AT
Oui ! oui ! merci encore une fois, et comptez sur moi, sur ma famille, disposez de notre for-
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ag nous »résence vous dis UV 868 jui aime ef de sa la s’il le US aVEZ et celui rez, qui usqu’'au veu de
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tune: dites un mot et vous avez cinquante hommes à votre suite : merci! merci! laissez moi pleurer de joie.
De fait, de grosses larmes roulaient sur les joues du pauvre Creorges : j'en avais pitié, et j'eusse voulu tenter d'autres moyens de le dissuader, mais le soleil baissait et je revins trouver mes compagnons.
—Songez-vous à partir ? leur demandai-je.
— Nous sommes prêts, nous t'attendions.
Mais M. Dionne se levant. ‘“ Mes amis, dit-il, vous ne partirez pas ainsi: permettez-moi de vous offrir un verre de vin, quelques gouttes de la sève dun vieux sol nourricier de nos ancétres. [1 y a près de vingt ans que je n'ai goùté de ce vin dans ma maison, et Le quoique ce fut à l’occasion de mon triomphe électoral et que je fusse dans la force de l’âge, je l'ai bn toutefois, je vous le déclare, avec moins de
plaisir, que je n’en éprouve à en goûter aujour-
d'hui avec vous.”
Après avoir bu un verre de champagne à la santé de Madame et de Monsieur Dionne, nous partimes au milieu de bénédictions, de souhaits de bonheur et de prospérité prodignés de telle sorte que les anges chargés de la garde de ces trésors, au ciel, durent en être inquiétés.
Le froid était piquant. Cependant, tout le long de la rue prineipale que nous suivions : à chaque porte, hommes, femmes, jeunes filles, jusqu'aux enfants se tenaient dehwrs, beancoup d'entre eux, têtes nues, pour nons saluer en passant. Les maisons se vidaient, moins par cnriosité que par sympathie. Il était facile d’en juger à leur air triste, à leurs salnts révérencieux. L'évêque, en visite pastorale, n'est pas
ce 32 ————
plus vénéré, Dionne, Pouliot et Fraser qui nous précédaient, allaient au pas, (les traitres !) afin de savourer à loisir les moments de supplice qu'ils m'imposaient, Car, après mon colloque avec mon ami George, il ne me restait aucun doute qu'ils fussent des mystificateurs, et que je leur eusse servi de marionnette, d’abord, pour attendrir le diablotin de Pat O’neil, et lui faire pièce pour sa rudesse, et sa grossièreté, ensuite, pour se gausser du trop crédule et coulant George, si coulant qu'il avait failli me noyer dans ses larmes, Ils avaient pincé le père Pionne probablement pour sa ladrerie bien connue. Je le regrettais, pour eux, car c'était manquer gravement au respect dû à la vieillesse.
Comment s’y étaient-ils pris pour réussir à duper George, à l’aveugler, au point de me faire passer pour Riel ? (car il était évident qu'on me faisait jouer le rôle du pauvre proscrit,) c’est ce que j'avais hâte de savoir, Mais le vent qui soufflait avec force, la vive allure imprimée anx chevaux, dès que nous fûmes sortis du village, le besoin aussi de faire une enquête intime sur les faits du jour, d’analyser ma position, en face de leur conspiration, ne me permirent pas de demander à Cochu, le mot de l’'énigme,avant notre retour à la Rivièredu-Loup. De temps à autre, j'entendais rire mon compagnon, d'un rire étouffé, suivi d'une réflexion . ‘“ quelle farce ! elle est bonne cellelà ! ” et d’autres à peu près semblables.
Me renfonçant avec ma vengeance, dans mon capot de chat sauvage; comme un poignard empoisonné dans sa gaîne, je laissai filer cheval et destinée, sans desserrer les dents, jusque
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chez Larochelle où nous arrivâmes, à six heures sonnant.
De ce moment, il ne fut plus question, dans Cacouna, et à Ia Rivière-du-Loup, que de Louis Riel, le-chef Métis, la victime des orangistes, le proscrit, le héros du Nord-Ouest, C’est à qui pourrait le voir. Lui avoir parlé était un honneur dont on se vantait haut et fort, La nouvelle de sa présence se répand jusques dans les paroisses voisines. Il se fait tard, il est nuit déjà, qu'importe ? on attèle, pour se rendre chez Larochelle, pour avoir le plaisir d’entrevoir le grand homme.
Dans ce concours de curiosité, les femmes ne sont pas les dernières. [l en est, parmi elles, qui tancent vertement leurs maris, pour ne pas leur avoir fait part de l'évènement. L'un d’eux faillit perdre tous ses cheveux, parce qu'il avait passé la veillée précédente, en ma compagnie, sans avoir deviné que j'étais Riel. L'imbécile ! En revanche, on aurait payé, dix fois son poids en or, une mèche de mes cheveux. Avec la chevelure que je porte, j'ai perdu là une belle occasion de faire fortune.
Le malheur voulut que je ne fusse connu que que de mes quatre compagnons, tous quatre intéressés à tromper le public. Riel, lui, n'était connu de personne, sauf d’une jeune fille, (je l'ai su plus tard) et cette jeune fille était aveugle.
Pour ceux qui avaient vu le portrait de Riel, grossièrement figuré dans des brochures ou des revues, ils retrouvaient en ma personne, la
taille et la physionomie du chef Métis. On dit que Riel est late plutôt que brun, mais les portraits à l'encre sont toujours bruns, même ceux des albinos. Un chef métis, du reste, peutil être autrement que cuivré ? Jusques là, je représentais assez bien le fameux personnage, mes sourcils épais et froncés, ma tre, noire, mon regard, mes longs cheveux surtout achevaient la ressemblance imaginaire,
Cof te que coûte, il me fallut être Riel, et Riel ;e suis resté dans l'imagination de plus d'un ex de plus d'une qui m'ont rencontré dans cette circonstance.
Je me rappelle avoir aperçu Riel, à Montréal, en 1866 ou 1867. On me dit alors qu'il étu-
diait le droit chez M. Laflamme, C'était'un rand jeune homme, à l'air sombre et taciturne. l demeurait chez un de ses oncles, M. John
Lee, du village Saint-Jean-Baptiste, s'oceupant d'études sérieuses, et quelquefois aussi, de poësie, Il s’ennuyait visiblement/dans notre milieu social; on le sent dans les idées qu’exprime la pièce de poësie suivante, qu'il composait à cette époque de sa vie, et que son ami de collège, Eustache Prud'homme, nous a conservée,
Auû milieu de la foule
Qui s'agite et s'écoule,
Lorsque l'on aperçoit uu homme au front pensif,
Et que son air de tristesse
Exprime de la noblesse,
On lui jette un regard furtif
Les geus se disent à l'oreille :
Frère, quel est donc celui-ci ?
Et l'attention qu’il éveille
Se borne à ce vague souci.
urne.
John ipant si, de notre u’exompo- 1 ami a con-
nsif,
11 s'en 1 toujours, lui, sombre et le cœur saisi : 14 soufre, Un woutfre Est dans sur cœur qu'il sent se gonfler de soupirs, Seul aveu 1e chagrin, exilé des plaisirs
C'est dans la yrine qu'il consume
Ses jours abreuvés d'amertume,
Louis Riel est né à la Rivière-Rouge, en 1844, du mariage de Louis Riel avec Julie de Lagimodière, Son grand-père Riel, était Canadienfrançais, et sa grand'mère franco-montagnaise Sa mère, née à Sorel est canadienne-française de père et de mère en sorte que, Louis Riel n'a que quelques gouttes de sang montagnais, par sa grand'mèrey :,
‘“ Son père, aprés avoir reçu une instruction élémentaire asswz soignée, apprit le .métier de cardeur,
“ En 1888, j! s'engagea pour trois ans à |:
compagnie de la Baie d'Hudson. Son temps de service expiré, il revint au Canada où il entra comme novice dans la communauté des Père:
Oblats. Il y passa deux ans.
“ À quelque temps de là, on le retrouve dans un camp indien de chasseurs, à la poursuite du bison+ qui fréquentait alors les prairies par troupeaux innombrables.
Il achète une terre, en arrière de Saint-Boniface, y construit le premier moulin à farine qu'il y ait eu au Nord-Ouest, et devient bientot un homme considérable et considéré parmi les Métis écossais et français.
La Compagnie exerçait alors une tyrannie odieuse et révoltante sur les populations dt Nord-Ouest. M. Tassé, dans son livre si juste
(1) J'ai emprunté les détails qui suivent à l’admirable livre d M. J. Tassé. Les Canadiens de l'Ouest.
ment apprécié, Les Canadiens de l'Ouest a écrit une page d'une tloquenc e émouvante sur cette oppression,
# Dans ce pays, dit-il, qr it alimentait presque toute l'Angleterre des pre ..uits de sa chasse, le luxe des fourrures était à peine connu. Si un chasseur tuait un animaäl des plaines, fut-ce un loup, une biche ou même un rat musqué, il était obligé d'aller en vendre la robe anx postes de Ja Compagnie, À quelques exceptions près, personne ne portait de fourrures dans un pays où Je thermomètre tombe quelquefois à quarante-cinq degrés audessous de zéro.
: Non seulement les sauvages ne pouvaient se faire de présents ni trafiquer entre eux, mais la Compagnie a été jusqu’à solliciter des missionnaires protestants de les épouvanter, en les menaçant de la colère de Dieu, s'il leur arrivait de se couvrir d’une peau de rensrd.
“ Les Métis avaient pour tout couvre-chef, des casquettes de drap que leur venduit [a Compagnie. Quelqu'un osait-il porter un morceau de fourrure quelconque, il attentait aux droits de cette puissante association. Le réfractaire était tout aussitôt désigné aux autorités, et si un agent le rencontr: ait” par hasard, il le décoiffait en plein chemin, sans autre formalité. Ces faits sont tellement inv raisemblables, qu’on pourrait les mettre en doute si des témoins oculaires n'étaient encore là pour les attester,
Toutes les fourrures achetées par la Compagnie étaient vendues à l’encan dans ses comptoirs de Londres.
Les Métis étaient obligés d'acheter tous leurs effets de la Compagnie. Ils ne faisaient guère de trafic avec les Etats-Unis, autrement que par contrebande,
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“ Les concessions de terres se faisnient aussi d'une manière arbitraire, Les acquéreurs de terrains ne pouvaient s'en désaisir qu'avec l'assoutiment de la Compagnie, et il leur était strictement défendu de faire la traite dans les territoires du Nord-Ouest, Lorsqu'on reprochait aux Bois-brûlés de s'adonner plutôt à la chasse qu'à la culture du sol, ils répondaient qu'il était inutile de semer du blé, vu qu'ils ne pourraient l'exporter, la (‘ompagnie leur offrant un marché trop limité.”
‘“* La Compagnie alla jusqu'à décréter, que les lettres des colons, destinées à l'étranger, devaient être déposées, non cachetées, à ses bureaux.
* Pendant bien des années, les Métis 6cossais avaient subi sañs trop se plaindre, les véxations de la Compagnie, mais ils épousèrent finalement avec beaucoup de vigueur la cause des Métis français. Si l’on en croit l'historien de la Rivière-Rouge, M. Alexandre Ross, une déception d'amour fut l'évènement qui amena cette alliance.
L'un des officiers de la Compagnie qui habitait un poste éloigné, avait laissé deux de ses Billes au Fort Garry, pour y faire leur éducation, Or, il advint qu'un Métis écossais, d’une famille respectable ét influente, séduit par les charmes de l’une d'elles, lui fit la cour et demanda même sa main, Malheureusement, il avait un rival dans la personne d’un Highlander, qui, s’il n’était pas préféré par la dame de ses pensées, l'était du moins par son père.
Celui-ci était tellement favorable au jeune
LU
écossais, qu'il fit mander le Métis et lui reprocha vivement d'aspirer à la main d'une jeune fille appelée à vivre dans la haute société, Nans proférer un mot, le Métis s'éloigna brusquement, la rage dans le cœur, Bientôt, toute la colonie connut cette malheureuse affaire ; qui allait avoir les plus graves conséquences : ‘ c'est ainsi, disail-on, que l’on méprise et que l'on traite les Métis,” |
Amour, tu perdis Troie !
“De ce jour, les Métis anglais et écossais firent cause commune avec les mécontents et un même sentiment de vengeance sembla animer toute la population,
“ La Compagnie sentant qu'une colère sourde grondait contre elle, fit venir d'Angleterre, un corps de troupes de 885 hommes. Sa présence n’intimida nullement les Métis qui n'attendaient qu’une occasion favorable pour rompre leurs chaines et revendiquer leurs droits d'hommes libres. Elle ne tarda pas à se présenter.
“ Un nommé Guillaume Sayer, Métis français, fils d’un ancien bourgeois de la Compagnie, avait acheté des marchandises dans le dessein d'aller les revendre au lac Manitoba. La Compagnie ayant été informée du fait, dépécha des hommes pour l’appréhender et confisquer ses marchandises. D'autres fureut arrêtés pour avoir trafiqué avec les sauvages et avoir accepté des fourrures en échange de produits manufacturés. Un ferblantier italien, nommé Ferdinanda, fut écroué, les fers aux pieds et aux mains, comme un grand criminel pour une pareille infraction à la charte de la compagnie,
“ Ces actes de tyrannie mirent le comble à l’exaspération. Le peuple n’attendait plus qu’un
reprojeune . Sans isqueute la ; qui “c'est » l'on
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lépépnfisrètés Avoir uits amé s et une rnie, le à L'un
chef pour se sovlever, Heureusement, ce chef n tout trouvé dans la personne de Louis Riel,
“ Depuis longtemps, celui-ci s'était fait remarqvor par son esprit d'initiative, son énergie et son élocution. Sans être fort instruit, il avait tous les dons de l'éloquence populaire, et les Bois-brûlés saluaient par de longues acclamations ses éloquentes paroles,
“ Riel et ses partisans continuèrent d'agiter le pays dans le but d'obtenir l'élargissement de Sayer, dont le procès fut fixé au dix-sept mai 1849, jour de l'Ascension, C'était une insulte préméditée aux sentiments des catholiques,
“ Dès le point du jour, on peut voir les Métis accourir par bandes, de la Prairie du Cheval. Blanc, de la Baie Saint-Paul, du lac Manitoba et des bords de la Rivière-Rouge, pour se réunir à Saint-Boniface, Ils étaient tous armés, et après avoir déposé leurs armes à la porte de l'église, ils assistèrent à une messe basse,
“ A l'issue du service divin, les Métis allèrent reprendre leurs armes, puis, avant de se mettre en marche, Riel leur adressa une chaleureuse allocution. De longs et vigoureux hourrahs répondirent à sa parole éloquente.
“ Toute la troupe de Riel était réunie au fort Garry, en face du Palais de Justice, lorsque le gouverneur Caldwell, et le juge Thom, s'y rendirent, vers 11 heures du malin.
“ 4 l'ouverture de la cour, la cause de Sayer fut a ypelée la première, et l'accusé fut sommé vainement de comparaître. 11 était sous la protection d’un certain nombre d'hommes armés, et le recorder n’osa pas ordonner aux constables de l’amener de force.
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“ Le juge et les magistrats, s'occupèrent pour passer, le temps, d'affaires peu importantes, jusqu'à une heure de l'après-midi. Sayer fut alors sommé de nouveau de comparaître, mais toujours en vain.
“ Le gouverneur et le juge étaient dans un embarras visible. Après s'être consultés, ils firent dire aux Métis de nommer un chef et d'envoyer une députation pour assister Sayer dans son procès, Ceux-ci accédèrent à cette proposition, et onze d’entre eux, ayant Riel à leur tête, escortèrent Sayer en cour.
‘“ En même temps, vingt hommes armés vinrent se placer en sentinelles près de la porte, et cinquante à l'extérieur. Les sentinelles de l'intérieur communiquaient aux autres les détai:s du procès, à mesure qu'il s’instruisait, de sorte qu’au moindre signal, tout le monde pouvait prêter main-forte au chef dun mouvement,
“ Après son entrée en cour, Riel déciara que la population demandait l’acquittement de Sayer. [l protesta énergiquement contre sa mise en accusation et récusa neuf des douze jurés ; mais ses réclamations n'enrent aucun eftet.
# On procéda alors à l'audition du procès.
“ Riel signifia au tribunal, que les Métis laisseralent écouler une heure pour lui donner le temps de juger l'affaire de Sayer, et qu'ils se feraient eux-mêmes justice, si justice n'était pas faite.
“ Une heure ‘passée, uu grand nombre de Métis firent irruption dans la salle d’audience, Les autres se présentèrent auprès de la porte et attendirent avec impatience le dénouement du procès.
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